L'"âge pivot", la mesure de la réforme des retraites qui annonce des débats fiévreux

Geoffroy Clavel
Agnès Buzyn, Édouard Philippe et Jean-Paul Delevoye à Matignon le 18 juin 2019.

POLITIQUE - C’était déjà la mesure la plus commentée avant même la présentation des recommandations officielles du “Monsieur Retraites” du gouvernement. Nul doute que la proposition dévoilée ce jeudi 18 juillet par Jean-Paul Delevoye fera couler beaucoup d’encre dans les semaines et mois à venir.

Afin de promouvoir l’égalité entre tous les Français, tout en les incitant à travailler plus longtemps pour garantir l’équilibre financier du futur “système universel des retraites”, le Haut commissaire à la réforme des retraites préconise d’instaurer un ”âge d’équilibre”, offrant une pension à taux plein mais assorti d’un bonus-malus, tout en préservant la possibilité de partir dès 62 ans.

Jean-Paul Delevoye s’y était engagé devant les syndicats avec lesquels il négocie depuis maintenant 18 mois. Pas question de toucher à l’âge de départ légal actuel, et ce en dépit des pressions de certains membres du gouvernement et malgré les déficits galopants enregistrés par le système actuel.

5% en plus... ou en moins

Les assurés “auront toujours la liberté de partir en retraite” à l’âge légal de 62 ans, tranche le rapport qu’il devait remettre en fin de matinée au premier ministre. Mais Jean-Paul Delevoye préconise désormais que “l’âge du taux plein” permettant une retraite complète “soit le même pour tous, contrairement à aujourd’hui où il est compris entre 62 et 67 ans en fonction de la durée travaillée”, assorti d’un mécanisme de décote et de surcote.

L’idée est donc d’instaurer un ”âge pivot” ou ”âge d’équilibre” qui soit le même pour chaque génération et appelé à évoluer “comme l’espérance de vie”. Pour la génération 1963, l’âge du taux plein serait ainsi fixé à 64 ans. Nuance de taille: tous ceux qui partiraient avant cet âge pivot verraient leur rendement diminuer de 5% par année d’écart, quand ceux qui prolongeraient leur activité au-delà bénéficieraient d’un rendement majoré de 5% par an.

Avantages de ce système: il favorise les assurés n’ayant pas fait une carrière complète...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post