L’anglais gagne du terrain en Allemagne

Le site anglophone de la radio allemande Deutsche Welle est formel : l’anglais est en train de s’imposer en Allemagne. Cela fait déjà dix-huit ans que l’anglais constitue un enseignement obligatoire dans toutes les écoles primaires (à l’exception des régions frontalières avec la France, où le français est enseigné). À l’université, 10 % des cursus peuvent se faire complètement en anglais. Pourtant, l’Allemagne ne figure pas en tête des pays où il fait bon s’expatrier. “La langue était un facteur clé dans le faible classement de l’Allemagne dans l’enquête Expat Insider 2023 menée par InterNations, un réseau d’expatriés basé à Munich”, explique la Deutsche Welle. En effet, à part à Berlin, il reste difficile de vivre en Allemagne en ne parlant qu’anglais.

Mais les choses sont en train de changer. Contrairement à l’ancienne chancelière Angela Merkel, qui ne s’exprimait presque jamais en anglais, son successeur, Olaf Scholz, ne rechigne pas à la tâche, et semble le faire avec un certain plaisir. D’ailleurs, le Parti libéral-démocrate, autrefois très attaché à l’utilisation exclusive de l’allemand et qui fait partie de la coalition gouvernementale, fait maintenant pression pour imposer l’anglais. En effet, “compte tenu de la taille de l’économie allemande, qui dépend des exportations et abrite de grandes entreprises mondiales, l’anglais est la langue de choix dans le contexte commercial”.

Le gouvernement vient d’ailleurs d’approuver un projet de loi visant à étendre les tribunaux de commerce en Allemagne et à leur permettre de traiter les affaires en anglais. Cela est déjà le cas d’un tribunal de commerce créé à Francfort, la capitale financière allemande, en 2018. Il existe, au sein de l’Union européenne, de plus en plus de tribunaux de ce type, constitués pour offrir une alternative au Royaume-Uni du Brexit.

La loi sur les travailleurs qualifiés récemment adoptée permet justement aux étrangers de trouver plus facilement du travail en Allemagne, notamment en facilitant la reconnaissance de leurs diplômes. Mais les démarches administratives sont souvent un obstacle, parce qu’elles sont entièrement en allemand. Leur anglicisation, prônée également par le Parti libéral-démocrate dans l’administration et la fonction publique, est parfois accueillie avec scepticisme, car elle nécessite des budgets de formation. Ulrich Silberbach, président de l’Association de la fonction publique allemande (DBB), affirme d’ailleurs que l’anglais est déjà largement parlé dans les bureaux du gouvernement.

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