L’Allemagne ne garantit plus les investissements de Volkswagen en Chine

CUI ZHIJIAN - IMAGECHINA

C’est une première en Allemagne. Le ministre de l’Économie, Robert Habeck (Verts), a confirmé dimanche 29 mai que l’État allemand refusait de prolonger les garanties des investissements à l’étranger accordées “à une entreprise implantée dans la province des Ouïgours”, sans citer son nom. “Mais il est clair qu’il s’agit du plus grand groupe automobile d’Europe, Volkswagen”, rapporte la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ).

Les garanties des investissements à l’étranger accordées par l’État permettent aux entreprises de se prémunir contre les risques politiques des pays où elles développent leurs activités. Sans ces garanties, “très importantes pour l’économie allemande, de nombreuses affaires en Afrique ou en Amérique du Sud ne verraient pas le jour”, explique le quotidien allemand. En Chine, le Trésor allemand “durcit désormais ses conditions en raison de la situation des droits humains dans la région du Xinjiang”, en particulier ceux des minorités musulmanes ouïgoures.

Le ministère de l’Économie à Berlin indique que “quatre demandes pour prolonger les garanties fédérales ont été rejetées”. Elles sont liées “à un site d’exploitation dans la province du Xinjiang”. Volkswagen, associé en Chine à SAIC, y a “depuis plus de dix ans une usine” et “s’expose ainsi depuis longtemps aux critiques qui l’accusent de contribuer à l’oppression de la minorité ouïgoure dans la région, voire d’en profiter, notamment par le biais du travail forcé”, ajoute le quotidien de Francfort.

Une affaire délicate

Le constructeur automobile affirme pourtant “respecter les ‘différentes origines culturelles et convictions religieuses’ dans son usine et n’y employer aucun travailleur forcé”.

L’affaire est délicate pour Volkswagen, qui vend “40 % de ses véhicules en Chine”. Certes, l’usine au Xinjiang “est très petite”, mais “elle a une valeur symbolique”, relève la FAZ. Le fabricant avait été soupçonné de s’installer “dans cette région pauvre économiquement sous la pression de Pékin”. L’absence de garantie de l’État allemand suffira-t-elle à faire reculer Volkswagen ? La FAZ croit savoir que “le groupe réalisera ses investissements prévus en Chine”.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles