L’Agence internationale de l'énergie alerte sur la lenteur de la transition énergétique

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« La transition est trop lente » : le monde subira le réchauffement climatique mais aussi des « turbulences » en matière d'approvisionnement, s'il n'investit pas plus massivement et rapidement dans les énergies propres, a prévenu mercredi 13 octobre l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

L'agence lance « de sérieux avertissements devant la direction que le monde prend », dans son rapport annuel publié à deux semaines de l'ouverture de la COP26 de l'ONU à Glasgow. Une « nouvelle économie émerge » : batteries, hydrogène, véhicules électriques..., note-t-elle.

Mais tous ces progrès sont contrés par « la résistance du statu quo et des énergies fossiles »: pétrole, gaz et charbon forment toujours 80% de la consommation finale d'énergie, générant trois quarts du dérèglement climatique.

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À ce jour, les engagements climatiques des États, s'ils sont tenus, ne permettront que 20% des réductions d'émissions de gaz à effet de serre nécessaires d'ici 2030 pour garder le réchauffement sous contrôle. « Les investissements dans des projets énergétiques décarbonés devront tripler dans les dix ans, pour la neutralité carbone à 2050 », résume le directeur de l'AIE, Fatih Birol.

Alors que la crise du Covid a stoppé les progrès de l'électrification notamment en Afrique subsaharienne, le financement des pays émergents est clé, alors qu'ils doivent s'équiper tout en évitant notamment les centrales à charbon.

Tension sur la demande

L'organisme, émanation de l'OCDE chargée d'accompagner de nombreux pays, offre trois scénarios pour l'avenir. Dans le premier, les États continuent comme aujourd’hui : les énergies propres se développent, mais hausse de la demande et industrie lourde maintiennent les émissions au niveau actuel. Le réchauffement atteint 2,6°C par rapport au niveau pré-industriel, loin du 1,5°C garant d'impacts gérables.

Ou alors, les États appliquent leurs engagements, notamment la neutralité carbone pour plus de 50 d'entre eux dont l'Union européenne. La demande de fossiles atteint son sommet en 2025 (via l'efficacité énergétique et un boom des voitures électriques). La hausse des températures reste à 2,1°C.

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La troisième option est la neutralité carbone, pour rester sous 1,5°C, « qui demandera des efforts majeurs mais offre des avantages considérables pour la santé comme le développement économique », dit l'AIE.

Les financements supplémentaires nécessaires « sont moins lourds qu'ils n'y paraissent », ajoute-t-elle : 40% des réductions d'émissions « se paient d'elles-mêmes », par l'efficacité énergétique, la lutte contre les fuites de méthane ou les parcs solaires ou éoliens là où ces technologies sont déjà les plus compétitives.

L'AIE souligne aussi que l'actuel déficit général d'investissement affecte non seulement le climat mais aussi les prix et l'approvisionnement, promesse de « turbulences » comme le monde en connaît aujourd'hui avec les tensions post-Covid sur les énergies fossiles.

(Avec AFP)

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