L’Afrique de l’Ouest produit peu de lait mais ne manque pas de produits laitiers

Jacques Deveaux

Le lait en Afrique, c’est l’histoire de l'échec d'une filière installée avant 1990 pour répondre à une demande issue de la colonisation. Les expatriés voulaient consommer des produits laitiers "comme à la maison". Ce modèle, construit autour de laiteries d’Etat disparaît au profit d'un secteur privé qui préfère importer de la poudre de lait que de développer la collecte et la distribution. Les défenseurs du "fait local" se tournent alors vers l’artisanal, "parangon du développement", comme l’explique Christian Corniaux dans son étude sur l’industrie laitière en Afrique de l’Ouest.

Les mini laiteries se multiplient autour des zones urbaines. Les volumes traités sont faibles, entre 25 et 500 litres par jour, car ces laiteries collectent ce qu’on appelle "le lait de brousse", à savoir issu de l’élevage pastoral. Sénégal et Burkina Faso, puis Mali et Niger sont les pays les plus concernés. Mais quand une mini laiterie au Sahel transforme 500 litres de lait par jour, un éleveur européen produit entre 1000 et 2000 litres durant la même période. Les volumes locaux trop faibles cèdent la place au lait en poudre importé. Le lait en poudre permet de construire sur place toute la filière industrielle : lait et produits laitiers. Danone, Yoplait, Candia, Lactalis, Nestlé, tous les grands noms du secteur sont (...)

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