L’Afrique a faim et ce n’est pas une fatalité

Dessin de Ramsés, Cuba.

Anne Njuguna tient une petite boulangerie à Loresho, un quartier de Nairobi [au Kenya] où vivent les classes moyennes. Depuis trois ans qu’elle a ouvert son commerce, elle n’a jamais vu une telle hausse des prix.

Le coût de pratiquement tous les ingrédients a flambé et il est devenu impossible de prévoir la demande et les marges de profit, raconte-t-elle. Elle a augmenté les prix en décembre puis en mai.

Dans le quartier de Cosmo City à Johannesburg [en Afrique du Sud], Anziswa Ndlovu a été durement éprouvée par la pandémie. Elle a perdu son emploi en 2020 alors qu’elle avait déjà du mal à payer l’école de ses trois enfants, et les nourrir est devenu un combat quotidien. “J’ai dû réduire le nombre de repas. Nous mangeons seulement le matin et le soir.” Le prix du panier moyen des ménages a augmenté de 10 % par rapport au début de l’année 2021.

À Accra, au Ghana, un négociant en bananes plantain explique :

“Nous faisons très peu de bénéfices [à cause de] la hausse du carburant, qui entraîne celle du coût du transport.”

Quand manger devient un luxe

Ces contraintes économiques se traduisent presque immédiatement par une hausse des prix. Sur l’ensemble du continent, les prix des produits du quotidien sont en train de grimper en flèche et les aliments ordinaires deviennent des produits de luxe.

Ce qui ne fait qu’aggraver un autre problème, puisque, selon les données du Fonds monétaire international (FMI), les Africains dépensent déjà plus en nourriture que dans la plupart des autres régions du monde, avec près de la moitié de leur budget consacré à l’alimentation.

Au Kenya, la flambée des prix en un an a de quoi donner le vertige. Depuis avril 2021, le litre d’huile de cuisson a augmenté de 42 % et le sac de deux kilos de blé de 25 %, selon le bureau national des statistiques du pays. Importateur net de nourriture, le Kenya achetait environ 34 % de son blé à la Russie et à l’Ukraine avant la guerre.

En Afrique du Sud, selon l’indice publié [fin avril] par le Pietermaritzburg Economic Justice and Dignity Group, le prix de l’huile de cuisson a progressé de 42 % entre avril 2021 et avril 2022. Pour le cervelas, le foie de bœuf, les pommes, les courges, le poulet surgelé, la margarine, les épinards, les œufs, les pommes de terre et le thé, la hausse va jusqu’à 31 %.

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