L’Afghanistan ne veut plus voir ses femmes

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Niées, effacées, éliminées, les illettrées pauvres comme les bourgeoises diplômées sont replongées en plein Moyen Âge.

Sur la vidéo, une équipe chirurgicale se penche sur un estomac. Une masse noire en est extraite. Volumineuse, elle se déroule. « Des cheveux ! La gamine les mangeait, on les a tous enlevés. » Zakia*, chirurgienne, était filmée il y a deux mois dans un hôpital provincial de l’est de l’Afghanistan. Devant nous, son regard est encore émerveillé. Son diplôme, elle l’avait arraché de haute lutte. Mais cette intervention serait aujourd’hui impossible pour elle. Certes, après avoir ordonné à toutes les femmes fonctionnaires de rester à la maison pour des motifs de sécurité, les talibans ont été obligés d’adapter leurs principes à la réalité. Depuis le 27 août, les praticiennes ont été autorisées à travailler, décision motivée par la pénurie de médecins. mais cela n’a pas suffi à rassurer Zakia. Dans sa région, ses prises de position pour défendre les femmes battues ou abusées en ont fait une cible.

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Le 15 août, cette chirurgienne a passé la nuit à pleurer. Le lendemain, elle troquait sa blouse bleue contre une abaya noire. Il fallait jeter à la poubelle ses dix années d’études. Quelques semaines plus tard, elle a entrepris de rejoindre le nord du pays, pour fuir. Dans sa valise, elle a rassemblé des photos de famille, un drapeau national afghan – celui que brandissait en octobre l’équipe nationale de cricket au Mondial à Abu Dhabi et qui a, dans le pays, été remplacé par le drapeau blanc des talibans – et des manuels de médecine.

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Aidée par un frère immigré aux États-Unis, elle espérait embarquer fin octobre dans un des charters qui décollaient périodiquement pour(...)


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