L’accord UE-Turquie à l’épreuvedu réel

Libération.fr

En première ligne de la crise des migrants, la Grèce est au cœur du deal sur les réfugiés conclu il y a un an. Aujourd’hui, la situation demeure difficile sur le terrain. Les ONG pointent les nombreux ratés du système.

Achaque fois que la tension monte entre le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et l’Europe, comme ce fut le cas récemment avec l’Allemagne ou les Pays-Bas, «les habitants de Chios tremblent car ils redoutent une hausse des arrivées de migrants sur notre île. Erdogan est le maître du jeu, il ouvre les vannes quand il veut», affirme Nikos Katsarakis, rédacteur en chef du quotidien local le Citoyen, qui déplore «la situation tragique qui se perpétue sur les îles grecques» depuis la mise en place de l’accord entre l’Union européenne et la Turquie, il y aura tout juste un an ce samedi. «Comme les nouveaux arrivants ne peuvent plus quitter les îles où ils débarquent, avant l’examen de leurs demandes d’asile, toujours d’une lenteur abyssale, ils se retrouvent coincés ici, poursuit-il. Leur nombre augmente sans cesse et, depuis peu, on assiste même à l’arrivée d’une nouvelle catégorie de migrants, plus violente, agressive. On ne connaissait pas la délinquance, on la découvre. Tout ça sur une île transformée en prison à ciel ouvert, et désormais boudée par les touristes. Ce qui achève de nous ruiner.»

Située aux confins orientaux de la Grèce, à moins de 10 kilomètres des côtes turques, Chios était déjà en première ligne de la tragédie de 2015 : lorsque près d’un million de réfugiés ont traversé la mer Egée avec l’ambition de rejoindre l’Europe du Nord.

«Marché de dupes»

C’est cet afflux massif et inédit qui a conduit à la négociation d’un deal entre les Européens et la Turquie. En échange de milliards d’euros et de la réouverture des négociations avec l’UE, Ankara s’engageait à stopper les flux et à accepter le retour de tous les migrants arrivés après le 20 mars (date de l’entrée en vigueur de l’accord) dont la demande d’asile aurait été rejetée. Un an (...)

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