"L’accès à la nature est nécessaire": les écologistes veulent abroger la limite du 1 km

Esther Paolini avec AFP
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Le secrétaire national d'EELV Julien Bayou, le 27 mai 2020 à Paris. - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Le secrétaire national d'EELV Julien Bayou, le 27 mai 2020 à Paris. - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Une mesure de "bon sens", clament les écologistes. Europe Écologie-Les Verts et Génération Écologie ont déposé mardi un recours devant le Conseil d'État pour faire abroger par le gouvernement "la limite 1h/1km" encadrant les promenades dans le cadre du confinement. Ils réclament des mesures pour assurer "un égal accès à la nature".

Assurer un "équilibre mental"

Dans un communiqué commun, les deux formations écologistes annoncent qu'elles déposent, avec "plusieurs dizaines de requérants privés d'accès à tout espace vert ou naturel de taille suffisante" un référé liberté devant le Conseil d'Etat sur le fondement de l'article L.521-2 du Code de justice administrative.

"La situation sanitaire est grave, mais à l’intérieur de ces mesures de précaution sanitaire, on peut tout à fait avoir un accès égal à la nature et préserver la santé mentale de nos concitoyens. Pour assurer un équilibre mental, l’accès à la nature est nécessaire", affirme sur le plateau de BFMTV Eva Sas, porte-parole EELV.

"La nature ne fait de mal à personne"

Pour ces partis, la limitation à un kilomètre et une heure de déplacement pour les promenades prévue par le décret du 29 octobre 2020 apparaît "disproportionnée et contraire à l'objectif poursuivi de protéger la santé des Français" car elle conduit "à ce que de très nombreuses personnes soient privées de toute possibilité d'exercer une activité physique". Elle génère aussi "des regroupements au sein d'espaces publics de taille insuffisante pour garantir le respect des gestes barrières".

"Dans un monde idéal ce serait bien. La nature ne fait de mal à personne et avoir une activité physique permet d'être plus solide à la maladie. Mais le généraliser sur tout le territoire national est un problème car il y a des rassemblements dans la nature à risque", a réagi à notre antenne Valérie Gomez-Bassac, porte-parole La République en Marche.

Inégalités environnementales

Selon les écologistes, cette limitation porte "une atteinte manifestement grave à plusieurs libertés fondamentales au premier rang desquelles le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé proclamé à l'article 1er de la Charte de l'environnement" et renforce "les inégalités environnementales".

Les requérants demandent ainsi au Conseil d'État "d'enjoindre au gouvernement d'abroger la limite 1h/1km" et proposent une limitation de 2 heures pour cinq kilomètres, afin “d’assurer un égal accès à l'ensemble des Français aux espaces naturels aménagés et non-aménagés en conformité avec le principe de nécessité et de proportionnalité".

Article original publié sur BFMTV.com