Coronavirus: l'état du monde face à la pandémie du 27 juillet au 2 août

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Avec près de 1,8 million de cas supplémentaires recensés cette semaine, le bilan global approche des 18 millions d’individus touchés par le nouveau coronavirus à travers le monde. La maladie a causé la mort de plus de 685 000 personnes.

Partout ou presque, le virus a progressé, ou repris en intensité. Même les pays qui avaient réussi à imposer des règles très strictes en terme de confinement, réussissant à être épargnés, sont désormais touchés. Ainsi le Vietnam, qui n’avait pour l’instant déclaré aucun mort, a connu son premier décès cette semaine à Danang, où 80 000 touristes avaient été évacués en début de semaine.

Les retombées économiques de la crise se font ressentir, et les mauvais chiffres se sont accumulés. Les États-Unis, les plus touchés en terme de nombre de mort, avec plus de 154 000 décès, sont officiellement en récession, La plupart des États européens, comme l’Allemagne, qui accuse une sévère chute de son PIB au deuxième trimestre, sont dans le même cas. En France, c’est même à un plongeon historique auquel on assiste, avec 13,8% de baisse du PIB, selon l’Insee, soit plus que la moyenne de l’ensemble de l’eurozone, en recul de 12,1% (-11,9% pour toute l’Union européenne).

Les pays où l’épidémie se stabilise

Dans ce tableau morose, il y a néanmoins quelques raisons d’espérer.

Alors que la situation sanitaire en Guyane était jugée très préoccupante fin juin, l’épidémie semble s’être stabilisée, si bien que l’hôpital de campagne de la sécurité civile qui avait été mis en place à Cayenne a été démonté, n’ayant pas reçu de patient depuis le 24 juillet dernier.

Le Togo, dont le Conseil national scientifique enregistre également une « tendance à la stabilisation de l'évolution », a officiellement décidé de rouvrir ses frontières aériennes le samedi. Tous les passagers à destination du pays, seront « soumis au test PCR Covid-19, à l'exception des passagers en transit », précisent néanmoins les autorités. D’autres mesures de restrictions, comme le couvre-feu, la fermeture des églises et mosquées ont été levées. Les écoles et lycées ont partiellement rouvert. Officiellement, le pays a enregistré 967 cas de Covid-19, et 18 décès. D'autres pays de l'Afrique de l'Ouest ont également rouvert leurs frontières aériennes cette semaine, pour des raisons essentiellement économiques.

Au Chili, certaines communes du grand Santiago ont commencé leur déconfinement en raison de la stabilisation du nombre de nouveaux cas et de morts dans le pays. Certains d’entre eux étaient en quarantaine depuis mars. Les spécialistes, dont l’ordre des médecins, estiment néanmoins que cet assouplissement est prématuré.

Les pays où l’épidémie reprend

Mais ces exemples sont rares, ou très localisés, et la tendance globale est à la résurgence du nombre de cas un peu partout dans le monde. La diffusion de la maladie reprend dans certaines zones où elle avait reculé. Si le nombre de décès, d’hospitalisation, ou de placement en réanimation est globalement en baisse dans certains pays, les contaminations reprennent de plus belle, et inquiètent les autorités, qui imposent de nouvelles contraintes.

En Chine, le pays où tout a commencé, le nombre de cas est de nouveau en augmentation et a dépassé cette semaine pour la première fois depuis le 12 avril les 100 cas en 24 heures. Une majorité de ces nouvelles contaminations concernent la région autonome du Xinjiang. Si ces chiffres sont relativement peu élevés, l’évolution de la propagation à tout le pays inquiète les experts.

Face à une recrudescence de nouveaux cas, de nombreux pays, comme la Belgique ont de nouveau renforcé les mesures de distanciation dans les rassemblements publics ou privés, après avoir imposé le port du masque obligatoire « dans les endroits à forte fréquentation ». Face à la recrudescence du coronavirus, le royaume a placé des régions de six pays européens sur sa liste rouge des zones interdites pour ses ressortissants.

La Mayenne, en France, fait ainsi partie de ces régions prohibées pour les citoyens belges. Dans l’Hexagone, plusieurs villes ont également décidé d’imposer le port du masque à l’extérieur, comme à Lille, Saint-Malo, ou encore Biarritz. Le pays a connu sa première hausse du nombre de cas en réanimation depuis avril cette semaine, même si ce chiffre a de nouveau baissé par la suite. Le Royaume-Uni, qui reste le plus endeuillé d’Europe, avec près de 46 000 morts, a quant à lui décidé de reporter la seconde phase de son confinement, en raison d’une nouvelle flambée de cas positifs.

Hong Kong, qui connaît une nouvelle vague de contamination a ouvert un hôpital de campagne pour gérer l’afflux de patients contaminés. Plus de 100 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque jour. Les autorités ont imposé le port du masque obligatoire et rétabli des règles strictes de distanciation.

Mais c’est bien sûr vers les États-Unis que les regards sont tournés. Le pic de l’épidémie semblait avoir été atteint, mais depuis plusieurs semaines, la maladie se propage à nouveau. Cette semaine, la première puissance mondiale enregistre un nombre de cas supplémentaires quotidien supérieur à 1 200 (plus de 1 440 cas le 1er août). Selon la Maison Blanche, cette augmentation serait liée à un dépistage plus actif, mais le manque de tests commence justement à se faire sentir. Sur les 154 000 victimes du coronavirus dans le pays (la barre symbolique des 150 000 a été franchie cette semaine), plus de 25 000 sont mortes au mois de juillet, soit une augmentation de 20%. La hausse des contaminations est particulièrement visible dans les États du Sud et en Californie, où des citoyens s’opposent à un éventuel déconfinement.

En Allemagne, confrontée à une nouvelle hausse du nombre de cas déclarés positifs, quelque 17 000 manifestants (selon la police) se sont réunis au contraire, pour demander l’abandon du masque et des mesures restrictives. Au cri de « Bas les masques », « Pas de vaccination obligatoire », ou « Retour des libertés ! », les « anticorona » ont réclamé samedi 31 juillet à Berlin l'abolition des mesures contraignantes pour combattre le Covid-19.

Les pays où l’épidémie progresse

Pas d’embellie non plus en vue pour de nombreux États qui voient au contraire l’augmentation du nombre de cas s’accélérer.

C’est le cas du Mexique, devenu cette semaine le troisième pays le plus touché au monde en nombre de décès, avec près de 47 000 morts. Le pays a connu un nouveau record de contaminations samedi, avec 8 458 nouveaux cas comptabilisés en 24 heures. Néanmoins, ces chiffres sont à relativiser. Le ratio de morts par habitant étant toujours inférieur à de nombreux États européens (356,8 décès pour un million d'habitants, contre 450 pour un million en France, par exemple).

Avec plus de 69 000 nouveaux cas en 24 heures comptabilisés le 29 juillet, et plus de 90 000 décès (un chiffre largement sous-estimé, selon les observateurs), le Brésil s’impose comme le second pays le plus touché aux monde. Malgré ces statistiques glaçantes, le pays a décidé de rouvrir ses frontières aériennes, selon un décret publié au journal officiel. Bien qu’ayant lui-même été affecté par le virus, et que sa femme ait été déclarée positive cette semaine, le président Jair Bolsonaro rechigne toujours à imposer des mesures restrictives. Dans le pays, certaines décisions des autorités peuvent paraître étrange. Ainsi à Rio, la baignade est de nouveau autorisée, mais le bronzage interdit.

Aux Philippines, c’est un véritable cri d’alarme que les personnels soignants ont lancé à l’homme fort de Manille, le président Rodrigo Duterte. Dans une lettre ouverte, plus d’un million d’infirmiers et de médecins ont indiqué être en train de perdre la bataille contre le coronavirus. Faute de matériel, les personnels soignants sont particulièrement touchés par la maladie. Ils demandent notamment des mesures plus strictes de confinement dans la capitale. Le président a promis de répondre, mais il est peu probable qu’il accède à leurs demandes, pour des raisons économiques. Samedi, l’archipel a enregistré un nouveau record de 5 000 contaminations en 24 heures.

L’épidémie ne voit pas encore venir son pic non plus en Afrique du Sud, qui a indiqué avoir passé le cap des 500 000 cas recensés. Mais son président se félicite du faible taux de létalité du virus. Cinquième pays en nombre de cas, le pays n’est il est vrai classé que 36e en nombre de morts. Mais les experts estiment que le nombre de morts (8 150) est largement sous-estimé. L'Afrique du Sud a en effet enregistré une hausse de près de 60% du nombre total de décès naturels au cours des dernières semaines. Viennent en outre s'ajouter à cette crise de nombreuses polémiques et accusations de corruption.

L’info santé

La guerre des vaccins est déclarée, et elle ne fera pas quartier ! Près de 25 candidats au graal épidémiologique susceptibles de mettre un terme à la crise seraient aujourd’hui à l’étude à travers le monde selon l’OMS. Seuls quatre candidats vaccins sont au stade le plus avancé de « phase 3 », où l’efficacité est mesurée à grande échelle. Les enjeux sont économiques, bien sûr, les laboratoires cherchant à obtenir le plus rapidement possible une solution efficace et sûre. Les alliances se multiplient, et tous les coups sont permis pour être les premiers servis.

La Commission européenne a annoncé vendredi avoir réservé 300 millions de doses de la solution en préparation dans les laboratoires de Sanofi, au nom de ses 27 États membres. Le Royaume-Uni a lui précommandé 60 millions de doses. L’Union européenne a trouvé un accord avec les États-Unis pour attribuer 2 milliards d’euros afin de financer les recherches de Sanofi et GlaxoSmithKline (Sanofi-GSK). D’autres laboratoires, comme Pfizer, Johnson&Johnson et Astra Zeneca, ont quant à eux bénéficié de 6 milliards de dollars de la part des États-Unis dans le même but. La compagnie américaine Moderna, également subventionnée par le gouvernement américain semble avoir un coup d’avance et vient d’annoncer son passage en « phase 3 ».

La Russie, par la voix de son ministre de la Santé, s’est déclarée prête à passer à une production industrielle dès le mois d’octobre, l’institut Gamaleya de Moscou ayant officiellement terminé la phase d’essai. La Chine a quant à elle déjà commencé à inoculer sa solution à des militaires, alors même que la phase de tests n’était pas terminée.

Pour certains observateurs, cette course mondiale au vaccin a également un petit parfum de « guerre froide », qui n’est pas sans rappeler la « course aux étoiles » qui a opposé les États-Unis aux Russes dans la seconde moitié du XXe siècle. « Les Américains ont été étonnés quand ils ont entendu le signal du Spoutnik », le premier satellite artificiel lancé par l'URSS en 1957, a d’ailleurs déclaré Kirill Dmitriev, président d'un fonds souverain qui finance les recherches russes. « Avec le vaccin, ce sera la même chose. Nous serons les premiers ».

L'immunologue américain Anthony Fauci, directeur de l'Institut national des maladies infectieuses, n’a d’ailleurs pas hésité cette semaine à émettre des doutes sur la fiabilité des vaccins développés en Russie et en Chine. Et comme pendant la guerre froide, il est à craindre que ce ne soient les pays à faible revenus qui fassent les frais de cette compétition.

Les infos insolites

Supporters... dans des chambres d’hôtel. Interdits de stade en raison du huis-clos lié au Covid-19, des centaines de fans chinois du Shangaï SIPG ont investi un hôtel jouxtant le stade de Kunshan (est de la Chine), et ont clairement manifesté leur ferveur. Selon eux, les joueurs les ont parfaitement entendus. Et pour cause : un fan du SIPG a été photographié en train de battre du tambour à la fenêtre de sa chambre. Au final, le Shangaï SIPG a nettement remporté la victoire 3-1. Selon certains, grâce à un doublé du Brésilien Ricardo Lopez, mais pour les supporters, c’est sûrement le 12e joueur qui a fait la différence, depuis les fenêtres du Sports International Hotel.

Le coronavirus, la cigogne et la bière bavaroise. En Bavière (Allemagne), une brasserie a dû suspendre sa production, après qu’une famille de cigognes blanches ait choisi sa cheminée pour installer son nid. Chaque année, les jeunes cigognes reviennent à la même place, pour faire leur nid. Le propriétaire attend que celui-ci soit construit et le fait monter sur une plateforme pour ne pas déranger la petite famille, tout en continuant son activité. Mais cette année, faute de confinement, pas de main d’œuvre ni d’outillage disponible. Et une fois les bébés cigognes nés, impossible de toucher au nid. La brasserie est donc au chômage technique, jusqu’à ce que les cigogneaux sachent voler et que l’on puisse à nouveau surélever le nid.