L’État binational “de facto” signera la fin de la démocratie israélienne

AHMAD GHARABLI / AFP

Dans un an, Israël célébrera ses 75 ans en tant qu’État juif indépendant et souverain. D’ici là, il nous faut souhaiter que son caractère le plus essentiel soit préservé et qu’il reste un État démocratique.

La démocratie est synonyme de santé et de vitalité, on en comprend la valeur quand elle fait défaut, quand elle est partielle ou quand elle dysfonctionne. Sans démocratie, il est difficile de respirer, de grandir, de penser, de connaître, d’aimer. Au terme de jours parfois longs et sombres, les non-démocraties tombent et les démocraties survivent. Elles survivent car elles seules sont capables de s’adapter aux changements et de se réinventer.

Israël a non seulement survécu aux soixante-quatorze années qui ont suivi son édification, mais sa démocratie a également survécu en résistant à la tentation autoritaire. Malgré les circonstances difficiles, malgré un environnement hostile et malgré les profonds désaccords idéologiques au sein de sa population.

Ou plutôt grâce à eux. Les désaccords sont la base de la démocratie. Ce sont eux qui font la grandeur et la force de la démocratie, laquelle permet de traiter les différends, de progresser et de tout simplement exister.

Le choix résolu de la démocratie

Une opinion répandue considère qu’il est très difficile pour les démocraties de changer de cap politique parce que tout changement de cap exige des débats, des compromis et des comptes à rendre devant le peuple. Autrement dit, les démocraties n’évolueraient que lentement, voire pas du tout.

Par contraste, les régimes autoritaires seraient davantage capables d’introduire des changements parce que la décision finale revient à un autocrate ou à un cercle fermé qui ne sont pas embarrassés par des contre-pouvoirs ou la recherche d’équilibres. Bref, les régimes autoritaires seraient plus “maniables” que les régimes démocratiques.

Mais l’Histoire prouve que c’est le contraire qui est vrai. À première vue, les tyrannies semblent plus solides et capables de réagir plus rapidement, alors que ces régimes sont en fait pourris de l’intérieur et bloqués sur la seule voie qu’ils se sont initialement tracée, même lorsqu’elle mène de toute évidence à une impasse. Les tyrans s’en tiennent au schéma qu’ils ont inventé, n’écoutent que les conseils de proches leur disant ce qu’ils veulent entendre et craignent que tout écart ne porte atteinte à leur statut infaillible de guides éclairés.

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