L’écrivain, les courgettes et le pass sanitaire, par Didier van Cauwelaert

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La lecture a pourtant été érigée « grande cause nationale 2021», persifle l'écrivain.
La lecture a pourtant été érigée « grande cause nationale 2021», persifle l'écrivain.

Niché au c?ur d?un village des Bouches-du-Rhône, c?est l?un des salons du livre que je préfère. Il a été créé en 1990 à Fuveau sous l?égide d?Edmonde Charles-Roux par un passionné, Jean Bonfillon. Aujourd?hui, sa veuve Christiane et une trentaine de bénévoles continuent d?animer avec la même ardeur Les Ècrivains en Provence, rendez-vous festif que le succès n?a jamais dénaturé. Nous dédicaçons sous les platanes, en haut du boulevard Loubet où se tient le marché des producteurs locaux, et cette union géographique des maraîchers, des artisans et des auteurs stimule autant la gourmandise que l?envie de lire et d?échanger.

Cette année, après une demi-douzaine de décrets contradictoires, la préfecture a exempté du pass sanitaire les acheteurs de courgettes, de charcuterie, de miel et d?objets d?art pour l?imposer aux seuls amateurs de livres. Dans le strict respect de leur interprétation de la loi, les bourreaucrates ont ainsi exigé qu?on grillage l?espace littéraire, afin de l?isoler de la manifestation « normale », matérialisant de fait une sorte de zoo dans lequel un public trié par QR code aurait seul accès aux gens de plume, cette espèce dangereuse hautement contaminante, à leurs yeux, de par la présumée résistance du variant culturel aux mesures discriminatoires. Dans ce camp retranché d?auteurs et de lecteurs « sanitairement corrects » bagués bleu ciel façon volaille, on imagine la mine des écrivains algériens, invités d?honneur cette année, qui étaient v [...] Lire la suite

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