L’écran n'est pas une classe : comment le confinement a montré le rôle indispensable de l'école républicaine

*

Cet article est à retrouver dans le "Carnet des médiologues", où vous pouvez retrouver Régis Debray et sa bande chaque semaine.

La maison n’est pas un monde, l’écran pas une classe

La « classe virtuelle », s’est imposée comme dispositif d’urgence de garantie d’une continuité pédagogique en période de crise sanitaire. Effet inattendu : le suivi scolaire dispensé par écran interposé (logiciel « pronote », plateformes de vidéo-conférences en direct et messageries en ligne) a fait apparaître en creux le rôle indispensable des professeurs dans l’évolution des enfants et des adolescents. L’étude dirigée à domicile ne remplace pas la leçon écrite au tableau et prononcée par le professeur devant ses élèves. Combien d’enfants et d’adolescents ont confié que leurs profs leur manquaient terriblement pendant le confinement et continuent de leur manquer quand leur école n’a pas pu ouvrir à nouveau ses portes pour raisons sanitaires ! Une reconnaissance méritée, quand on sait à quel point l’institution scolaire et les professeurs sont communément injustement dénigrés. L’assignation à résidence familiale, qui exacerbe les inégalités de conditions matérielles, culturelles et affectives, tend à prouver que la devise républicaine est pas flatus vocis mais une réalité quotidienne. Pendant toute la durée du confinement, de nombreux reportages ont mis au jour la disparité sociale entre enfants (degré de confort du foyer, de l’équilibre des relations entre parents, du souci de ces derniers pour l’épanouissement de leurs enfants). En temps ordinaire, l’école réduit l’érosion que creuse sur les jeunes visages la pauvreté des biens et des liens. Les enfants qui ne bénéficient pas de l’affection inconditionnelle, des fonds conséquents et du préceptorat avisé de la part de leur famille ont toute leur place légitime.


Lire la suite