L'étrange virus Chapare de retour en Bolivie

Julie Kern, Rédactrice scientifique
·2 min de lecture

Dans un hôpital de La Paz en Bolivie, plusieurs personnes ont été prises en charge pour une fièvre hémorragique. Ce n’est pas la maladie Ebola qui tourmente ces patients, mais un autre virus qui provoque des symptômes similaires : le virus Chapare. Cinq personnes en contact avec ces patients ont été à leur tour infectées, dont un interne en médecine, un ambulancier et un gastro-entérologue de l’hôpital. Deux d’entre eux sont décédés des suites de cette infection.

Cela s’est passé en 2019 et constitue la première description de la transmission interhumaine du virus Chapare. Ce cas a fait l’objet d’une présentation par les scientifiques du CDC (Centers for Disease Control and Prevention) lors du dernier congrès de l'American Society of Tropical Medicine and Hygiene, qui se tient en ce moment. Les scientifiques sont particulièrement inquiets à propos de la propagation de ce virus, encore très peu décrit.

Image colorisée d'un Arenavirus. © CDC
Image colorisée d'un Arenavirus. © CDC

Retour d'un virus observé en 2004

Le premier cas confirmé d’une infection au virus Chapare date de 2004 dans une communauté de la province de Chapare, qui lui a donné son nom, à l’est de La Paz. Il appartient au genre Arenavirus, qui regroupe des virus à ARN, enveloppé à l’origine de fièvres hémorragiques, comme la fièvre de Lhassa. Le virus Ebola n’appartient pas à ce genre, c’est un Ebolavirus de la famille des Filoviridae. Les maladies causées par les Arenavirus sont parfois appelées fièvres du Nouveau Monde. Les patients infectés ont souffert de fièvres, de douleurs abdominales, de vomissements et de saignements de gencives. Aucun traitement spécifique n’existe.

Zika, Chikungunya, Nipah… : d’où viennent ces nouveaux virus ?

Le virus Chapare se transmet par des fluides biologiques (sang, urine, salive, sperme) contaminés. Il semble que l’interne en médecine se soit contaminé en aspirant la salive d’une patiente infectée. La présence de l’ARN du virus dans le sperme d’un patient infecté ayant survécu encore 168 jours après...

> Lire la suite sur Futura

À lire aussi sur Futura