L'étonnant scénario de la traversée de la Terre par un micro-trou noir

ESO/M.KORNMESSER

Une étude menée par l'Université Sharif de Téhéran (Iran) s'est penchée sur la probabilité et les conséquences hypothétiques d'une collision de la Terre avec un trou noir.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°910, daté décembre 2022.

Notre planète risque-t-elle d'être avalée par un trou noir primordial en goguette dans le Système solaire ? Une étude menée par Sohrab Rahvar, directeur du département cosmologie et gravitation à l'Université Sharif de Téhéran (Iran), montre que la probabilité d'une collision de la Terre avec un trou noir de la masse d'un astéroïde est d'une fois par milliard d'années, soit un potentiel de quatre rencontres cataclysmiques au cours de la vie de notre planète. Pour les trous noirs plus massifs, la probabilité est en revanche quasi nulle.

"Une sorte de petit tremblement de terre"

Le chercheur a ensuite envisagé plusieurs scénarios de rencontre avec un trou noir de 1012 kg condensé dans un volume microscopique, donc indétectable. Animé d'une grande énergie cinétique, le trou noir traverserait la Terre et serait alors ralenti par des frottements avec les roches du manteau et le phénomène d'accrétion de la matière au cours de ce passage.

Si sa vitesse demeurait suffisante, il continuerait son chemin et traverserait la Terre, laissant derrière lui un tunnel cylindrique de 10 cm de rayon, rapidement comblé. "Une telle traversée générerait une sorte de petit tremblement de terre, note Sébastien Clesse, physicien à l'Université libre de Bruxelles (Belgique). Mais il serait difficile de le distinguer d'un séisme géologique. "

Collision entre un minuscule trou noir et un corps humain

Si, en revanche, le trou noir est suffisamment ralenti par ce passage dans le manteau, il pourrait sombrer en spirale jusqu'au noyau terrestre. Là, il absorberait la matière alentour, grossirait inexorablement et, à ce stade, la Terre serait condamnée à disparaître en son sein. Par chance, l'étude de Sohrab Rahvar montre que les trous noirs primordiaux pouvant constituer le halo de notre galaxie devraient avoir des vitesses de l'ordre de 200 km/s, ce qui privilégie une traversée rapide, sans trop de cons[...]

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