L'état des ponts peut être surveillé par de simples smartphones

Tayfun Coskun / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

Les données de vibrations enregistrées par les smartphones d'automobilistes peuvent suffire à suivre l'évolution du comportement d'un pont routier. Et donc à anticiper problèmes et réparations nécessaires.

Pour contrôler la structure d’un pont routier, l’apparition d’éventuels défauts, le comportement des piles ou du tablier au fil du temps, vous pouvez barder l’ouvrage de 240 capteurs… ou utiliser deux smartphones. C’est la conclusion d’une expérimentation du Senseable City Lab du Massachusetts Institute of Technology (Etats-Unis), mené sur le Golden Gate Bridge, à San Francisco, et un pont autoroutier du sud-est de l’agglomération de Rome (Italie). L’article de recherche est paru début novembre 2022 dans Communications Engineering.

L’équipe montre en effet qu’il est possible de remplacer les capteurs fixes destinés à remonter les données sur les propriétés physiques d’un pont (torsion, déplacement, désaxage...), dans une optique de maintenance et de prévention, par de classiques smartphones embarqués en voiture, grâce aux capteurs comme l’accéléromètre, le gyroscope, le GPS, que contient déjà un tel appareil.

Maintenance prédictive par des automobilistes

Les données de vibration sont enregistrées au passage du véhicule sur le pont. Et cette nouvelle méthode s’avère tout aussi fiable que l’approche traditionnelle. Mais bien moins coûteuse. Les chercheurs vont même plus loin : si on multiplie la collecte de données via des smartphones en multipliant les utilisateurs lambda, la maintenance prédictive n’en deviendra que plus performante.

Concrètement, les chercheurs ont fait 102 trajets sur le pont du Golden Gate, équipés d’un iPhone 5 et d’un iPhone 6 posés sur la plage avant, avec l’application Sensor Play téléchargée et activée. Ils contrôlaient ainsi la collecte de données. Mais ils en ont aussi récupéré à partir de trajets sur lesquels ils n’ont pas eu la main, à savoir 72 passages effectués par des chauffeurs Uber. Cela correspond à 37 véhicules et 19 modèles de smartphones différents. Ces conducteurs, en outre, ne respectaient pas toujours la vitesse limite et n’avaient de toute façon pas la même manière de conduire que les chercheurs.

Mais ces derniers ont estim[...]

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