L'État attendu au tournant pour l'hommage national à Johnny Hallyday

L'État attendu au tournant pour l'hommage national à Johnny Hallyday

Le choix des représentants de l'État pour l'hommage à rendre au chanteur sera lourd de sens. Et de conséquences.

Mourir peut attendre? Si seulement. Il arrive même, et cela peut tourner à la querelle de préséance, que deux disparitions de personnages importants se télescopent, la même semaine. L'une d'elles va forcément devoir s'incliner, rivalité d'absents, mettre un genou à terre -en quelque sorte- devant la force de l'autre, dans l'esprit du public. 

Ainsi, et cela vient d'être rappelé dans la presse, l'émotion consécutive au décès de Jean Cocteau, emporté par une crise cardiaque le 11 octobre 1963 en apprenant la nouvelle de la mort de son amie Édith Piaf, allait-elle pâtir des obsèques de la chanteuse, suivies au cimetière du Père-Lachaise par près de 40.000 personnes bouleversées.

Édith Piaf avait attiré à elle toute la charge sensible, cette semaine-là, et à l'heure de son propre enterrement, le poète avait ensuite manqué d'un peu de matière pour le lancement de sa renommée posthume. 

Séparer les genres

De la même manière, il est à craindre que l'onde mémorielle dans l'opinion, qui devait accompagner Jean d'Ormesson jusqu'à sa dernière demeure, ait été raccourcie par l'impressionnante déferlante de chagrin fraternel, familial, après l'annonce de la mort de Johnny, survenue 24 heures plus tard.

Question rivalité, il n'y avait pas pire malchance. La plus grande star française des temps récents, pleurée par les franges les plus larges du pays. «Monument du patrimoine national», et «homme hors du commun», comme cela a été répété -martelé même- mercredi. 

Mais était-ce une raison pour accueillir l'académicien, comme si l'on recherchait une forme de compensation, dans la cour la plus symbolique de la République? Pour organiser pour lui une cérémonie d'hommage national aux Invalides, présidée par le président de la République? Parce qu'alors, quoi, et où, pour (...) Lire la suite sur Slate.fr

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