L'été ne devrait plus s'appeler la "saison des barbecues" pour ces climatologues

L'été vire de plus en plus à la catastrophe avec le changement climatique, à tel point que des scientifiques lui ont trouvé un surnom.

CLIMAT - C’est l’été! La saison débute ce mardi 21 juin et réveille en nous les souvenirs de vacances, relance les envies de barbecues entre amis et de séances de bronzage sur la plage. Que des moments agréables. Pourtant, ce n’est plus vraiment “Vamos a la playa” avec le réchauffement climatique. Dans quelques années, l’été sera plutôt synonyme de vagues de chaleur extrême, de tempêtes, de feux de forêt et de sécheresses. À tel point que des scientifiques lui ont trouvé un nouveau nom symbolique: “la saison du danger”.

“Si je vous dis la canicule de juin 2019, ça vous rappelle quoi? Rien du tout. Il faut personnaliser les événements climatiques majeurs, leur donner des noms pour marquer les esprits”, pense le climatologue Serge Zaka interrogé par Le HuffPost. Pour lui, la sémantique est cruciale pour sensibiliser le grand public aux enjeux climatiques.

Une saison de plus en plus dangereuse

Nommer l’été “la saison du danger” est de plus en plus approprié tant la saison devient chaude, selon Kristy Dahl, une climatologue à l’Union of Concerned Scientists interrogée par le magazine américainWired. Elle et ses collègues l’ont imaginé alors que la période de mai à octobre est aujourd’hui marquée par une série de catastrophes aux États-Unis. Les habitants continuent de barboter dans les piscines et d’aller à la plage, mais de plus en plus, ils subissent également des vagues de chaleur.

La France vient aussi d’être frappée par des températures caniculaires anormalement précoces. “Le 18 juin 2022 a été la 18e journée la plus chaude en France depuis 1959 et le début des relevés météorologiques, indique Serge Zaka. C’est aussi la 3e en termes d’anomalie en France, c’est historique, il n’a jamais fait aussi chaud mi-juin.”

Avec le changement climatique, ces anomalies de températures vont devenir récurrentes et s’étendre dans l’année. D’ici 2100, l’été durera six mois et l’hiver plus que deux, selon une étude de chercheurs chinois publiée dansAdvancing Earth and Space Scienceen février 2021. “Des personnes âgées sans accès à l’air conditionné vont mourir de la chaleur et de jeunes athlètes vont mourir d’un coup de chaleur alors qu’ils s’entraînent sous des températures caniculaires”, anticipe Kristy Dahl. Le concept de “saison dangereuse” permettrait selon elle de mieux comprendre les menaces de l’été et donc, de s’y préparer.

“Le fait de voir que la ‘saison du danger’ s’allonge aidera les gens, les entreprises et les gouvernements à reconnaître la nécessité de prendre des mesures dès maintenant (...)”, selon Edward Maibach, directeur du Center for Climate Change Communication de George Mason, dont les paroles ont été rapportées par Wired.

Une canicule baptisée “Lucifer” en Italie

Une opinion que partage le climatologue Serge Zaka qui souhaiterait aller encore plus loin en donnant aussi des noms aux vagues de chaleur. Il rappelle d’ailleurs que certains pays nomment déjà leurs canicules. L’Italie a baptisé “Lucifer” la vague de chaleur qui a déferlé sur le pays en août 2021. Le thermomètre était monté jusqu’à 48,8°C en Sicile, un record en Europe.

D’autres climatologues sont également de cet avis et souhaitent que les vagues de chaleur portent des noms, à l’instar des cyclones et des tempêtes, pour qu’elles s’inscrivent dans l’histoire. Sur Twitter, Serge Zaka a d’ailleurs ouvert un sondage pour trouver le nom de la vague de chaleur que l’on a vécu en France la semaine dernière.

Un jeu sérieux qui a emballé les scientifiques et les internautes. Le glaciologue Heïdi Sevestre a proposé de lui donner le nom d’une source de pollution, celui d’“une compagnie pétrolière” par exemple. Finalement, c’est “Balrog, serpent de feu”, créature de fiction de l’écrivain Tolkien, qui se classe en tête du sondage derrière Cerbère, Sheitan, Belzébuth... Un problème se pose cependant, si les canicules sont trop nombreuses dans les années à venir, il n’y aura peut-être pas assez de noms démoniaques pour les nommer.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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