L'épidémiologiste William Dab : "Il faut un déconfinement territorialisé"

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L'épidémiologiste William Dab, ancien directeur général de la santé, juge la situation sanitaire liée au Covid-19 toujours préoccupante et estime risqué le pari du redémarrage précoce.

Le pic de la troisième vague "semble derrière nous", estime Jean Castex. Est-ce le cas?


Nous sommes sur un plateau qui peut évoluer dans les deux sens. Nous continuons d'avoir 2.000 décès par semaine, et chaque jour 2.000 hospitalisations et 500 admissions en réanimation. Même si le nombre de nouveaux cas journaliers a diminué, on en dénombre toujours plus de 30.000, avec un taux de positivité élevé, à 11%. Le taux de reproduction est autour de 1, ce qui signifie que la courbe épidémique n'est pas ou peu infléchie. Cette situation reste donc préoccupante.

Que pensez-vous des mesures annoncées jeudi?
L'exécutif raisonne sur un scénario unique : avec la progression de la vaccination et celle du nombre de personnes immunisées parce qu'elles ont eu la maladie, l'épidémie va régresser. C'est un pari. C'est possible, mais d'autres scénarios le sont aussi, notamment en raison de l'émergence de nouveaux variants. Il ne me semble pas sage de ne retenir qu'une option.

Cela signifie-t‑il qu'on juge perdue la bataille des contaminations?
Il faudrait d'abord savoir comment les nouveaux malades s'infectent. Est-ce à cause du non-respect du couvre-feu? Est-ce au travail [selon l'Institut Pasteur, une fois sur deux, la personne à l'origine de la contamination en milieu professionnel était symptomatique], dans les transports, dans les familles qui habitent de petits logements? Ce point crucial ne fait pas l'objet d'enquête systématique. Dès lors, on pilote à l'aveugle.

Quel est le risque, av...

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