L'électricité de retour à l'hôpital de Marioupol, mais le système de soins reste fragile

Au 79e jour vendredi de l’opération spéciale, comme dit le Kremlin, la situation évolue peu, même si selon le ministère britannique de la Défense, la Russie fait des « efforts significatifs » dans les régions d'Izioum et de Severodonetsk pour effectuer une percée vers Kramatorsk, la grande ville de la partie du Donbass sous contrôle ukrainien. À Marioupol, l’eau et l’électricité sont revenus dans les hôpitaux de la ville depuis deux jours. Mais dans la ville, le système de soins reste encore perturbé par deux mois de conflit.

Avec notre envoyée spéciale à Marioupol, Anissa El Jabri

C’est un petit hôpital de quartier spécialisé en cardiologie, sur le haut d’une colline, à quelques kilomètres à vol d’oiseau de l’usine Azovstal bombardée sans relâche.

« Dans tous les services il y a maintenant de l'électricité, toutes les prises fonctionnent. Maintenant, nous sommes pratiquement revenus à un fonctionnement de temps de paix. Enfin, si on peut appeler ça la paix. » Orleansky Sergey Evgenievich est le médecin-chef du service des urgences et ça fait deux jours que ses équipes ont retrouvé l’eau courante et l’électricité sans générateur, mais pas encore une activité normale.

Jusqu'à 20 opérations par jour

« Pendant la période des hostilités, raconte-t-il, nous avons effectué jusqu'à 20 opérations par jour, la plupart pour des blessures causées par des explosifs et des éclats d'obus. Nous avons également pratiqué des césariennes ici. Nous avons appris à faire tout ça au sous-sol sous les bombardements. Maintenant, nous avons principalement les conséquences des blessures par balle, des éclats dans le corps. Mais plus de blessures nouvelles, Dieu merci. » Les patients en cardiologie reviennent peu, il n’y a pas d’ambulances, les lignes téléphoniques marchent mal.

Pour les malades de longue durée, dans un hôpital à quelques kilomètres plus loin, la situation est également compliquée. « J’attends ici parce que mes analyses médicales sont vraiment mauvaises. J'ai un cancer, je suis en train de mourir, et personne ne peut m'aider. Je dois aller à Donetsk pour avoir les médicaments. » Elena soulève son bonnet de laine épaisse. La chimiothérapie interrompue par le conflit ne lui a laissé aucun cheveu. Pour se rendre à Donetsk elle a dû trouver seule un véhicule.

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