Présidentielle slovaque: Korcok et Pellegrini au 2e tour

Une affiche électorale de l'ancien ministre des Affaires étrangères et candidat à l'élection présidentielle en Slovaquie, Ivan Korcok, le 20 mars 2024 à Bratislava (TOMAS BENEDIKOVIC)
Une affiche électorale de l'ancien ministre des Affaires étrangères et candidat à l'élection présidentielle en Slovaquie, Ivan Korcok, le 20 mars 2024 à Bratislava (TOMAS BENEDIKOVIC)

Ivan Korcok, ancien ministre des Affaires étrangères et Peter Pellegrini, président du Parlement slovaque, s'affronteront lors du second tour de l'élection présidentielle, après être arrivés en tête du premier tour samedi, selon des résultats partiels.

Selon un décompte de 90% des voix, M. Korcok obtient 40,3% des voix, contre 38,4% pour M. Pellegrini, selon l'Office slovaque des statistiques. Le deuxième tour du scrutin aura lieu le 6 avril.

Les analystes s'attendaient à ce résultat, M. Pellegrini, 48 ans, et M. Korcok, 59 ans, étant en tête des sondages d'opinion avant le vote, marqué par de profondes divisions sur la guerre dans l'Ukraine voisine.

L'ancien premier ministre Pellegrini fait partie du camp au pouvoir, favorable à la Russie, dirigé par le premier ministre Robert Fico, qui a remis en question la souveraineté de l'Ukraine.

Le libéral Korcok, soutenu par l'opposition, est résolument pro-Ukraine, tout comme la présidente sortante Zuzana Caputova, une critique du gouvernement qui a choisi de ne pas briguer un second mandat.

"Je m'attendais à un résultat serré", a déclaré M. Pellegrini aux journalistes alors que les résultats commençaient à tomber.

Après avoir voté ce samedi, il a insisté sur le fait que la Slovaquie resterait ancrée dans l'Union européenne et l'OTAN après l'élection, malgré les remarques de M. Fico.

M. Korcok, qui sera probablement confronté à une forte opposition de la part de l'équipe de M. Fico s'il est élu, a déclaré qu'il souhaitait "s'adresser à tous les électeurs" lors du second tour prévu le 6 avril.

"Je devrai m'adresser davantage aux électeurs de la coalition gouvernementale, car il est évident que tous ne sont pas satisfaits des représentants du gouvernement", a-t-il dit.

"Peter Pellegrini s'est déclaré le garant de la politique étrangère et aujourd'hui il est l'assistant du fait que la République slovaque a complètement perdu sa boussole en matière de politique étrangère", a-t-il ajouté.

- Calme et sage -

Bien que sa fonction soit essentiellement cérémonielle, le président slovaque ratifie les traités internationaux, nomme les principaux juges et est le commandant en chef des forces armées.

Le chef de ce pays de 5,4 millions d'habitants, membre de l'OTAN et de l'Union européenne, peut également opposer son veto aux lois adoptées par le Parlement.

Lors de son vote à Bratislava, Juraj Jankovich, un retraité, a déclaré que M. Pellegrini "était un Premier ministre calme et sage et qu'il serait un bon président".

La graphiste Zora Puskacova a quant à elle déclaré que M. Korcok "serait un digne représentant de la Slovaquie à l'étranger".

"Pellegrini (...) agira très probablement comme un allié" du gouvernement de M. Fico, a déclaré à l'AFP l'analyste Pavol Babos.

Les deux hommes sont des alliés politiques de longue date, et M. Fico a nommé au fil des ans M. Pellegrini à divers postes, dont celui de président du Parlement et de ministre de l'Éducation.

La guerre en Ukraine voisine a divisé les Slovaques pendant la campagne électorale.

Lors du dernier débat avant le scrutin, M. Pellegrini, 48 ans, a réclamé "un cessez-le-feu immédiat et l'ouverture de négociations de paix" entre Kiev et Moscou.

Une position dénoncée par M. Korcok, 59 ans.

"La Fédération de Russie a piétiné le droit international (...). Je ne pense pas que l'Ukraine doive renoncer à une partie de son territoire pour parvenir à la paix", a-t-il affirmé à l'AFP. "La paix ne peut pas être synonyme de capitulation", a-t-il encore martelé.

Selon M. Bobos, le candidat libéral pourrait être "très probablement un contrepoids à la coalition gouvernementale et (...) chercherait à corriger les tendances antidémocratiques du gouvernement".

Le cabinet de Fico a récemment été critiqué pour avoir adopté une réforme controversée du code pénal, qui prévoit notamment un allègement des peines pour la corruption et les délits économiques. Bien qu'il se présente en tant qu'indépendant, Korcok est soutenu par les partis d'opposition qui pensent qu'une victoire de Pellegrini ouvrirait la voie à des grâces présidentielles pour les alliés du gouvernement reconnus coupables de corruption.

juh/bo/am