L'Égypte au cœur de nouvelles tractations pour consolider la trêve à Gaza

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Près de dix jours après le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, les tractations pilotées par l'Égypte, médiateur traditionnel entre Palestiniens et Israéliens, s'intensifiaient, dimanche, pour empêcher de nouvelles violences et obtenir une trêve durable.

La consolidation du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza était, dimanche 30 mai, au centre des tractations diplomatiques en Égypte, avec notamment la première visite d'un chef de la diplomatie israélienne au Caire depuis 13 ans. Dans le même temps, le chef du Renseignement égyptien s'est entretenu à Jérusalem avec le Premier ministre israélien et avec le président de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie.

Le chef de la diplomatie israélienne, Gabi Ashkenazi, qui s'est rendu dans la capitale égyptienne, a discuté avec son homologue égyptien, Sameh Choukri, des moyens de "raviver le chemin de la paix et renforcer le cessez-le-feu à Gaza", d'après un tweet du ministère égyptien des Affaires étrangères.

Dans un communiqué, Gabi Ashkenazi a déclaré qu'Israël "ne permettra pas (...) au Hamas de reconstruire ses infrastructures terroristes", avant d'ajouter que "la question du retour des corps des soldats et des otages", (deux civils israéliens entrés de leur propre gré dans l'enclave palestinienne et détenus depuis) devait trouver une solution.

Le chef du bureau politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, devait lui aussi se rendre en Égypte dans la journée, selon une source sécuritaire égyptienne.

Rencontre avec les dirigeants Israélien et Palestinien

Dans le même temps, le chef du Renseignement égyptien, Abbas Kamel, s'est entretenu à Jérusalem avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et à Ramallah, en Cisjordanie occupée, avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Avec le Premier ministre israélien, les discussions ont porté notamment sur "l'intensification de la coopération" entre les deux pays, selon un communiqué du bureau de Benjamin Netanyahu. Le chef du gouvernement israélien a évoqué la question des otages israéliens détenus à Gaza, principale demande dans toute négociation future avec le Hamas, ainsi que "les moyens d'empêcher" le Hamas "d'utiliser à l'avenir les ressources allouées à la population" pour la reconstruction de la bande de Gaza.

À Ramallah, Abbas Kamel a discuté avec Mahmoud Abbas de "l'apaisement global à Jérusalem, en Cisjordanie et à Gaza", de la "reconstruction" de l'enclave frontalière de l'Égypte et du "dialogue palestinien", entre les mouvements Fatah et Hamas, selon l'agence officielle palestinienne Wafa.

L'Égypte, éternel médiateur

Depuis le cessez-le-feu, l'Égypte se coordonne avec les États-Unis et d'autres pays de la région pour parvenir à un accord durable.

Négociée par l'Égypte, pays lié depuis 1979 par un Traité de paix avec Israël et médiateur traditionnel entre Palestiniens et Israéliens, la trêve a été instauré le 21 mai après une nouvelle guerre dévastatrice entre Israël et le Hamas.

Du 10 au 21 mai, 254 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes dans la bande de Gaza, parmi lesquels 66 enfants, selon les autorités locales. En Israël, les tirs de roquettes depuis Gaza ont fait 12 morts parmi lesquels un enfant, une adolescente et un soldat, d'après la police israélienne.

Reconstruire Gaza

Au Caire, la rencontre a porté sur la "reconstruction" dans la bande de Gaza. Sameh Choukri a souligné la "nécessité de tenir compte de la sensibilité particulière (que revêt) Jérusalem-Est, la mosquée d'Al-Aqsa et tous les lieux saints musulmans et chrétiens", a indiqué le ministère égyptien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le récent conflit a causé des dégâts considérables dans la bande de Gaza, où l'aide internationale a déjà commencé à affluer.

L'Égypte et le Qatar ont chacun promis 500 millions de dollars (environ 410 millions d'euros) pour la reconstruction de l'enclave densément peuplée de deux millions d'habitants vivant sous blocus israélien depuis près de 15 ans.

L'ONU a lancé, jeudi, un appel pour réunir 95 millions de dollars d'aide aux Palestiniens à Gaza comme en Cisjordanie, après avoir déjà débloqué 18 millions de dollars pendant le conflit.

En tournée au Proche-Orient la semaine dernière, le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a évoqué une aide urgente de 5,5 millions de dollars pour Gaza, en plus de 75 millions de dollars d'aide au développement économique destinée aux Palestiniens, précisant que ces aides, qui doivent être validées par le Congrès, ne doivent pas aller au Hamas.

Avec AFP