Législatives: tractations à gauche, LR ferme la porte à toute alliance et le RN refuse de s'allier à Reconquête

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Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure à l'Assemblée nationale, le 28 avril 2020 - DAVID NIVIERE / POOL / AFP
Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure à l'Assemblée nationale, le 28 avril 2020 - DAVID NIVIERE / POOL / AFP

La présidentielle désormais close, place aux grandes manoeuvres en vue des législatives. À un mois et demi du scrutin des 12 et 19 juin, les partis de droite comme de gauche peaufinent leur stratégie.

À gauche particulièrement, les tractations vont bon train. Jean-Luc Mélenchon n'a pas attendu le second tour pour se lancer dans la campagne des législatives, appelant dans l'entre-deux-tours les électeurs à "l'élire Premier ministre" en imposant une cohabitation à Emmanuel Macron et en unissant les forces de gauche. La fumée blanche n'est pas encore sortie.

Une rencontre entre La France insoumise (LFI) et le Parti socialiste doit se tenir ce mercredi matin. Mais la partie est loin d'être gagnée.

"Avec Europe Écologie - Les Verts (EELV) et le Parti communiste français (PCF), c'est déjà bien avancé", a souligné le député insoumis du Nord Adrien Quatennens, ce mardi sur BFMTV-RMC. "Avec le Parti socialiste, nous avons une rencontre demain matin, parce que pour que la discussion puisse se faire, il faut vérifier un certain nombre de points. Nous n'allons pas par exemple renoncer à la retraite à 60 ans", a mis en garde Adrien Quatennens.

Jadot ne veut pas d'union derrière Mélenchon

Dans le même temps, Yannick Jadot, candidat d'EELV balayé au premier tour de la présidentielle, s'est déclaré sur France Inter favorable à une coalition de gauche, tout en refusant que l'union se fasse derrière Jean-Luc Mélenchon. "Ça ne peut pas, ça ne marchera pas", a lancé le député européen, mettant du plomb dans l'aile à un éventuel accord.

"La bonne nouvelle, c'est qu'on ne négocie pas avec Yannick Jadot mais avec EELV", commente ironiquement le député LFI du Nord Ugo Bernalicis, joint par BFMTV.com. "Il veut torpiller le fait qu'il y ait un accord. Ce n'est pas du tout ce qui est proposé depuis le début, il n'y a pas d'entourloupe", ajoute le parlementaire.

Avec ou sans accord, LFI affiche sa confiance en vue des législatives. "Je souhaite que ça aboutisse", reconnaît Alexis Corbière, mais "ça n'est pas la condition unique pour l'emporter", estime le député de Seine-Saint-Denis.

Pas d'alliance pour LR

À droite, la stratégie a été arrêtée: Les Républicains (LR) feront cavalier seul aux législatives. "Il n'y a pas de double appartenance", a clairement énoncé Christian Jacob au sortir d'un comité stratégique du parti. "On est Les Républicains, on peut pas être Les Républicains et majorité présidentielle, on peut pas être Les Républicains et Reconquête, on peut pas être Les Républicains et Horizons, on est Les Républicains, un groupe indépendant, la double appartenance n'existe pas", a martelé le député de Seine-et-Marne,

Une prise de parole du président du parti qui avait des airs de mise en garde aux députés LR éventuellement tentés de rejoindre les rangs de la majorité, critiquant "un parti unique qui ne ressemblerait à rien". "On est soit LR, soit LaREM", a enfoncé Christian Jacob dans un entretien au Figaro mis en ligne mardi soir.

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Bisbilles à l'extrême droite

À l'extrême droite, une quelconque alliance ne semble guère au goût du jour. Si elle est souhaitée par Reconquête, le Rassemblement national (RN) a à ce stade fermé la porte. Dimanche soir, quelques minutes après l'annonce des résultats, Éric Zemmour a appelé à l'union du "bloc national", tout en fustigeant la défaite de Marine Le Pen: "Hélas, hélas, hélas, c'est la huitième fois que la défaite frappe le nom de Le Pen", a cinglé l'ancien journaliste.

"On ne va pas se lancer dans des alliances sur des théories qui ne sont pas les nôtres", a riposté lundi sur BFMTV le député et porte-parole du RN Sébastien Chenu.

"On se retrouve en fait à débattre dans une cour de récréation au lieu de regarder l'enjeu essentiel", a renchéri mardi sur RTL Marion Maréchal, la nièce de Marine Le Pen devenue soutien actif d'Éric Zemmour.

Si tout accord d'appareil semble hors d'atteinte, des alliances au cas par cas pourraient être étudiées, selon les informations de RMC. Ainsi, le RN envisagerait de ne pas présenter de candidat face à quatre personnalités du giron d'Éric Zemmour: le transfuge de LR Guillaume Peltier, le président de Génération Z Stanislas Rigault, Dénis Cieslik, qui était en charge des parrainages d'Éric Zemmour, et Sébastien Pilard, autre transfuge de LR.

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LaREM observe

"On aura une majorité", estime quant à lui le député LaREM Jean-Baptiste Moreau. Mais l'élu creusois se veut prudent, ne voyant "pas de boulevard" devant le parti fondé par le président de la République. "De là à dire qu'elle sera pléthorique et plus qu'en 2017, je n'y crois pas une seule seconde", confie-t-il à BFMTV.com.

Lundi, un sondage Harris Interactive réalisé pour Challenges a publié des projections sur la future composition de l'Assemblée nationale, testant l'hypothèse d'alliances à gauche, à droite et au centre ainsi qu'à l'extrême droite, et l'hypothèse d'aucune alliance. Dans les deux situations, LaREM est créditée de quelque 326 à 368 sièges, là où une union de la gauche pourrait obtenir 73 à 93 sièges selon cette même enquête. Le RN allié à Reconquête pourrait obtenir 117 à 147 sièges, contre 75 à 105 en partant seul, ce qui représenterait dans les deux cas un score inédit pour l'extrême droite.

Pour LaREM, une telle projection constituerait un grand bond en avant par rapport à 2017: il y a cinq ans, le parti avait gagné 308 sièges. Au fil du quinquennat, le groupe s'est amenuisé et ne compte plus que 267 députés dont quatre apparentés.

À LFI, Ugo Bernalicis perçoit le sondage d'Harris Interactive comme étant "complètement fantaisiste". Pour Jean-Baptiste Moreau, "ça semble trop beau pour être vrai". Une fois n'est pas coutume, LFI comme LaREM se mettent d'accord.

Article original publié sur BFMTV.com

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