Législatives tchèques: le Premier ministre Andrej Babiš battu par l'alliance de centre-droit

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Après avoir craint de ne remporter qu'une majorité relative au Parlement, la formation du Premier ministre tchèque Andrej Babiš est finalement arrivée tout bonnement deuxième aux législatives tchèques, ce samedi 9 octobre, juste derrière une coalition de centre-droit.

L'alliance tchèque de centre droit « Ensemble » a raflé de justesse samedi la majorité, très relative, aux élections législatives, selon des résultats pratiquement complets. Et ce, alors que les premiers résultats avaient accordé une courte victoire au parti ANO.

Après le dépouillement de plus de 99,9% des votes, Ensemble a obtenu 27,78% des voix, tandis que le mouvement ANO de M. Babiš en recueillait 27,14%. Le revirement serait dû au fait que les bulletins des électeurs des grandes villes ont été gérés à la fin.

Le revers est « inattendu » pour le Premier ministre, que les sondages annonçaient aussi gagnant, mais qui perd sur le fil, face à une coalition bien décidée à renvoyer le milliardaire à ses affaires, analyse notre correspondant à Prague, Alexis Rosenzweig.

La fin de l'ère Babiš, ou pas encore ?

Richissime, catégorisé « populiste », le Premier ministre, qui récemment a fait campagne avec son homologue hongrois Viktor Orbán, avait été rattrapé par de nombreuses accusations de malversations financières.

Le week-end dernier, les Pandora Papers ont par exemple révélé qu'il aurait utilisé l'argent de ses sociétés offshore pour financer l'achat de propriétés dans le sud de la France en 2009, dont un château. Une accusation parmi tant d'autres, pour lui.

M. Babiš, 67 ans, a fait fortune dans l'agroalimentaire, la chimie et les médias. Il est notamment accusé de fraude présumée aux subventions européennes, et l'UE lui reproche un conflit d'intérêts entre ses rôles d'homme d'affaires et d'homme politique.

Il a répété samedi soir qu'il quitterait la vie politique s'il ne se maintenait pas au pouvoir, se considérant comme « un manager pas fait pour siéger à la Chambre des députés ». Il pourrait néanmoins encore bénéficier du soutien du président de la République.

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L'alliance Ensemble, qui regroupe le Parti démocratique civique de droite, TOP 09 (centre-droit) et l'Union chrétienne démocrate (centre), devrait récupérer environ 70 sièges sur 200, devançant de peu le mouvement ANO d'Andrej Babiš.

Le chef de file d'Ensemble s'est d'ores et déjà dit prêt à tenter de former le prochain gouvernement. Il disposerait d'une majorité absolue au Parlement, s'il parvenait à former une coalition avec le Parti pirate et le mouvement des Maires et indépendants.

Mais Liberté et démocratie directe (SPD, extrême droite), dirigé par l'homme d'affaires Tomio Okamura, né à Tokyo, a obtenu près de 10% et devrait récupérer une vingtaine d'élus. Première depuis la Seconde Guerre mondiale : les communistes sortent du jeu.

Andrej Babiš préside un gouvernement minoritaire avec les sociaux-démocrates, également perdant, et tacitement soutenu par les communistes, qui ont dirigé la Tchécoslovaquie entre 1948 et 1989. Leur passage sous les 5% (3,6%) les éjecte du Parlement.

La décision entre les mains du président

Il revient désormais au président pro-russe Miloš Zeman de désigner un Premier ministre. Malade, le chef de l'État a été contraint de voter de chez lui, mais son entourage a indiqué ce samedi qu'il rencontrerait dimanche M. Babiš pour un entretien.

Dans l'attente de savoir qui M. Zeman entend charger de former un gouvernement, à noter que le taux de participation a atteint ce samedi plus de 65% du corps électoral, contre 60,84% lors des précédentes élections législatives organisées en 2017.

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