Législatives: socialistes et insoumis prévoient de se revoir jeudi ou vendredi pour poursuivre leurs discussions

La délégation socialiste arrive au siège de La France insoumise, à Paris, le 27 avril 2022 - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
La délégation socialiste arrive au siège de La France insoumise, à Paris, le 27 avril 2022 - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Les tractations sont entrées dans le vif à gauche pour négocier un éventuel accord en vue des législatives des 12 et 19 juin. Ce mercredi matin, socialistes et insoumis se sont rencontrés au siège de La France insoumise (LFI). Rencontre à l'issue de laquelle Manuel Bompard, négociateur en chef des insoumis, a déclaré qu'il n'y avait semble-t-il "pas de points insurmontables. On n'avait pas l'impression de discuter avec le même PS qu'il y a deux, trois ans", a aussi noté le député européen lors d'un point presse.

Les discussions ont eu un écho "très positif", selon un socialiste participant, qui pointe une "volonté de discuter sincèrement" et non pas "une mise en scène". Les deux parties ont d'ores et déjà prévu de se revoir, jeudi ou vendredi.

"On a été surpris par la virulence avec laquelle la délégation socialiste a attaqué d'elle-même et dès le départ le quinquennat Hollande. Ils nous ont dit vouloir couper avec la politique d'Hollande, la tradition, l'héritage... Ils ont dit n'avoir pas du tout été en accord avec la stratégie d'Anne Hidalgo de taper sur Jean-Luc Mélenchon tout au long de cette campagne et particulièrement à la fin. Que le programme d'Anne Hidalgo n'était pas le programme du Parti socialiste...", a confié à BFMTV à l'issue de la réunion une participante insoumise aux négociations, quelque peu pantoise.

La présidentielle, "un calvaire", glisse un socialiste

Des propos qui corroborent ceux recueillis auprès des socialistes: "Qu'est-ce que ça fait du bien de ne plus avoir à faire de langue de bois! Tout ce qu'on pensait, on le dit désormais au micro", avait déclaré un cadre socialiste à BFMTV, peu avant la réunion à laquelle il prenait part.

Sur la campagne d'Anne Hidalgo et la stratégie de critiquer avec virulence Jean-Luc Mélenchon, "nous-mêmes, la direction du PS, on n'était pas d'accord", dévoile une source socialiste à BFMTV. "On n'allait pas l'exposer sur la place publique." La présidentielle, "c'était un calvaire", "chronique d'un échec avancé". "Il aurait fallu s'arrêter avant... C'était possible de ne pas commencer surtout", ajoute-t-on.

Globalement, cette frange du PS qui correspond au courant d'Olivier Faure n'a pas pu réaliser l'union du PS avec EELV avant la présidentielle, s'étant fait tordre le bras par Anne Hidalgo et le courant minoritaire qui l'a rejoint ensuite. Ils ne veulent donc pas cette fois laisser les mêmes les empêcher de faire cet accord avec LFI. Une stratégie confirmée par un socialiste qui faisait partie de la délégation.

"Ils étaient d'accord sur tout, même la VIe République, l'Europe...", livre, étonnée, l'insoumise précitée.

Un texte du PS à paraître d'ici jeudi midi

Selon nos informations, le Parti socialiste devrait faire paraître d'ici jeudi midi un texte officiel afin d'acter ce qui a été discuté lors de la réunion, une demande des insoumis qui constitue un préalable à la poursuite des négociations. "On a été échaudés par les écolos", confie la source insoumise.

"Sur le fond, il n’y a rien qui bloque", mais cette déclaration contiendra des "formules peut-être un peu différentes" de celles proposées par LFI, souligne-t-on côté socialiste. À titre d'exemple, sur la retraite à 60 ans: "Le PS ne va pas rompre un accord à gauche par allergie à la retraite à 60 ans. Ce n’est pas un vrai sujet, ça. Cette coalition est un vrai événement historique", souligne-t-on.

La question des circonscriptions des législatives n'a à ce stade pas été évoquée, sachant qu'il s'agit d'une pierre d'achoppement entre insoumis et écologistes. Aussi, une question de dénomination: "Ça ne peut pas être l’Union Populaire. Il y aura à revoir la terminologie mais ça LFI en a conscience", indique-t-on au PS.

"Aujourd'hui, ce n'est pas absolument évident de dire que l'on a gagné, mais je ne l'exclus pas. Ce n'est pas totalement déconnant de dire ça", ajoute-t-on.

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François Hollande s'exprimera jeudi

Évoqué lors des discussions quant à son bilan, François Hollande doit lui s'exprimer ce jeudi matin. Pas d'annonce de création de mouvement à attendre, selon son entourage, qui glisse: "Il attendra la fin des pourparlers pour cela." Il ne devrait pas non plus évoquer une éventuelle participation aux législatives, mais, de même source, "il ne laissera pas la gauche réformiste disparaître, il va taper fort".

"Demain, il posera les bonnes questions. Les discussions, c'est dans l'objectif de gouverner ensemble, donc il ne suffit pas d'avoir 10 points d'accord sur un programme. Quid des alliances internationales? De l'OTAN?", soulève-t-on aussi.

Sur la prise de parole de François Hollande, ce commentaire d'un socialiste participant aux négociations, lapidaire: "C'est 3615 j'existe". "Ce n'est pas parce qu'il vend des bouquins qu'il a un espace électoral."

Article original publié sur BFMTV.com

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