Législatives : comment le RN procède au casting de ses futurs candidats

Après son relatif bon score au second tour, Marine Le Pen compte bien faire entrer plusieurs dizaines de députés à l'Assemblée nationale en juin prochain. Le parti planche sur son casting et cherche à tout prix à éviter les polémiques.

Continuer l'ascension. Après les 41,4% obtenus par Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle, le meilleur score de toute l'histoire de son parti, le Rassemblement national vise désormais l'élection d'une centaine de députés. Avec un impératif: trouver des profils solides.

"On a un impératif de ne pas se louper et une chance historique de montrer qu'on est bosseur, qu'on sait faire avancer les sujets. On est tous très concentrés sur les gens que nous sélectionnons", assure un membre de la commission nationale d'investiture à BFMTV.com.

"Plus aucun problème de ressources humaines" ?

C'est que le parti n'a pas le droit à l'erreur. Après n'être parvenu à faire élire que 8 députés en 2017, il serait désormais en mesure de faire rentrer de 75 à 105 députés et de constituer ainsi un groupe, d'après des projections d'Harris Interactive - des estimations à prendre avec précaution, tant le scrutin, avec ses 577 élections en parallèle, est difficile à sonder.

Si l'objectif était atteint, le RN serait en mesure de se faire beaucoup plus entendre dans les travées de l'Assemblée nationale: le parti pourrait par par exemple lancer une commission d'enquête ou déposer une motion de censure. Mais avant cela, le premier défi est de trouver 577 candidats.

"Nous n'avons plus aucune problème de ressources humaines. C'est de l'histoire ancienne", assure Philippe Ballard, le directeur de la communication du mouvement.

"On était déjà au complet pour les régionales, les départementales. Tout va bien", se réjouit de son côté Gilles Pennelle, délégué général des fédérations du RN.

À voir. "Ce n'est pas évident partout, il faut bien le reconnaître. On a des territoires où on est très implantés, d'autres non...", soupire un cadre du parti. La campagne d'Éric Zemmour n'a d'ailleurs pas arrangé la donne car une partie des militants RN a rejoint Reconquête, au-delà de quelques visages nationaux comme Nicolas Bay ou Gilbert Collard.

"On s'est beaucoup concentré sur les départs des cadres connus vers Éric Zemmour, mais beaucoup de militants, de cadres départementaux sont partis aussi", notait le spécialiste de l'extrême droite Jean Yves Camus avant le second tour. "Il y a des fédérations sans plus personne, notamment dans le Sud."

Des profils passés au scanner

Pour assurer la présence de candidats dans tout l'Hexagone, le parti a mis en place une procédure bien rodée. Les délégués départementaux sont chargés en amont de repérer les profils jugés prometteurs sur le terrain. Les personnes concernées sont ensuite invitées à déposer sur une plateforme leur CV avant d'expliquer lors d'une visioconférence devant la commission nationale d'investiture leur motivation.

"On vise des gens sérieux, responsables et en accord avec le programme de Marine Le Pen", explique Gilles Penelle qui supervise le processus. Comprendre: pas question de faire de la place aux sympathisants d'Éric Zemmour.

Autre travail d'ampleur pour le parti: scruter l'existence numérique des aspirants candidats. "On regarde bien leur activité sur les réseaux sociaux", assure Philippe Ballard. "On l'a toujours fait et on le fait de plus en plus."

C'est que la hantise au Rassemblement national, après être parvenu à dédiaboliser Marine Le Pen, est de se retrouver avec des candidats dont les propos sur les réseaux sociaux pourraient poser problème. Une centaine de candidats investis pour les législatives en 2017 avaient d'ailleurs été pointés du doigt par le site Buzzfeed pour avoir partagé sur les réseaux sociaux des contenus à tendance raciste, antisémite ou homophobe.

Quelques visages de Reconquête ?

"On écarte toutes les personnes qui ne sont pas dans le ligne de Marine Le Pen. Mais c'est vrai qu'on n'est jamais à l'abri d'un différend familial ou professionnel qui peut changer la donne une fois l'investiture faite", justifie de son côté Gilles Pennelle.

Si aucun accord ne sera conclu entre Reconquête et le RN, après des mois de bisbilles interposées et malgré les appels d'Éric Zemmour à "l'union nationale", certains visages de son mouvement pourraient bien être investis sous l'étiquette RN.

L'ex-directeur adjoint de la stratégie de Reconquête Antoine Diers, le président de Génération Z Stanislas Rigault et le député (ex-LR) Guillaume Peltier devraient bénéficier de l'investiture du parti de Marine Le Pen. De quoi s'assurer des parlementaires opérationnels dès les premières semaines au Palais-Bourbon.

Article original publié sur BFMTV.com

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