Aux législatives, Reconquête! se mue en nain électoral

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Eric Zemmour le soir du 10 avril 2022 (illustration). (Photo: AP Photo/Michel Euler)
Eric Zemmour le soir du 10 avril 2022 (illustration). (Photo: AP Photo/Michel Euler)

Eric Zemmour le soir du 10 avril 2022 (illustration). (Photo: AP Photo/Michel Euler)

POLITIQUE - Il ne sera même pas l’arbre qui cache la forêt. En tentant, sur le tard, de s’investir dans la bataille des élections législatives, Éric Zemmour espérait au moins sauver l’honneur, après une campagne présidentielle spectaculaire qui a terminé en queue de poisson. Il n’en sera rien. Balayé au premier tour, tout comme les principaux lieutenants de Reconquête!. Sauf miracle, aucun candidat zemmouriste ne sera élu député dimanche prochain.

“Nous venons de poser un drapeau dans chaque circonscription de France”, a relativisé, la mine grave, Éric Zemmour se raccrochant aux “130.000 militants” que son parti revendique. “Entre une droite qui rêve d’être de gauche et une droite qui rêve d’être au centre, Reconquête! sera la seule droite qui n’a pas honte d’être de droite”, a poursuivi le candidat d’extrême droite, depuis la 4e circonscription du Var qu’il briguait. 

Guerre à l’extrême droite

La défaite est en réalité particulièrement lourde pour son parti. Guillaume Peltier, député ex-LR sortant du Loir-et-Cher? Éliminé au premier tour. Stanislas Rigault, médiatique président de Génération Z? Platement battu dans le Vaucluse. L’identitaire Damien Rieu, star de l’extrême droite sur les réseaux sociaux? Également largement vaincu à Menton. Des échecs qui symbolisent la marginalisation d’Éric Zemmour et ses troupes sur l’échiquier politique, condamnés aux provocations et surenchères verbales pour exister face à un RN bien décidé à ne pas partager le gâteau électoral de l’extrême droite.

Une stratégie qui a condamné Reconquête! à l’impasse. Après avoir étrillé Marine Le Pen au soir du second tour de l’élection présidentielle, Éric Zemmour a ensuite appelé Reconquête! et le RN à marcher main dans la main pour les élections législatives. Une position qui, en plus d’être un brin illisible, était condamnée à l’échec, puisqu’elle a immédiatement déclenché une guerre entre les deux formations.

À ce jeu, le parti lepéniste affichait un avantage de taille pour étouffer l’adversaire. Marine Le Pen a réuni plus de 12,5% des inscrits (soit le seuil de qualification pour un second tour aux législatives) dans 415 circonscriptions sur 577 au premier tour de la présidentielle, contre seulement deux pour Éric Zemmour. Une position de force qui a incité le RN à sortir l’artillerie lourde. À titre d’exemple, Jordan Bardella est personnellement venu faire campagne sur les terres que briguaient Éric Zemmour et Stanislas Rigault, qui avait pour suppléante Marion Maréchal. Chez Reconquête!, plus grand monde ne croit à l’éventualité de voir des candidats du Z au Palais Bourbon.

“Le vote caché est resté caché”

“La question c’est, est-ce que vous vous marieriez avec quelqu’un qui veut vous tuer. Parce que dans le fond, c’est un peu ça”, expliquait la semaine dernière au HuffPost Philippe Lottiaux, le candidat RN qui faisait face au fondateur de Reconquête!. Pour autant, difficile de voir dans la réelle volonté de Marine Le Pen d’en finir avec cet encombrant impétrant la seule raison expliquant la déroute du parti zemmouriste. Car manifestement, sa volonté de faire la jonction entre le RN et Les Républicains est loin de se traduire pas en réalité électorale.

Malgré le score famélique de Valérie Pécresse, les Républicains sont à 13.6% ce dimanche. Mieux, le parti de Christian Jacob peut espérer obtenir une cinquantaine de sièges dimanche prochain, soit plus du double des projections accordées au Rassemblement national.

Une cruelle réalité électorale amèrement résumée au HuffPost par un cadre de Reconquête! passé par le RN, en référence à un élément de langage répété par Éric Zemmour dans la dernière ligne droite de l’élection présidentielle: “le vote caché est resté caché”.

À voir également sur Le HuffPost: Pour Jean-Luc Mélenchon, “le parti présidentiel est défait et battu”

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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