Législatives: Quels résultats pour Édouard Philippe et Horizons?

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Que peut espérer le parti Horizons d'Édouard Philippe après le premier tour des législatives? (Photo: via Associated Press)
Que peut espérer le parti Horizons d'Édouard Philippe après le premier tour des législatives? (Photo: via Associated Press)

Que peut espérer le parti Horizons d'Édouard Philippe après le premier tour des législatives? (Photo: via Associated Press)

POLITIQUE - La puissance du port du Havre? Si le résultat du premier tour des élections législatives de ce dimanche 12 juin confirme qu'Emmanuel Macron n’est pas assuré -du tout- d’avoir une majorité absolue au Palais Bourbon, son ancien premier ministre, Édouard Philippe, s’en tire en revanche très bien pour le premier scrutin de sa formation Horizons.

Dans le détail, sur 58 candidats présentés à travers la France, 42 sont qualifiés au second tour. Pas de surprise parmi la quinzaine de personnalités éliminées,  toutes investies dans des territoires difficiles voire ingagnables.

Du côté de ceux qui restent, 24 sortent en tête. Et comme un symbole, le seul député de la majorité élu au premier tour est estampillé “Horizons”, en la personne de Yannick Favennec Becot, en Mayenne. Au total, l’ancien locataire de Matignon peut lorgner sur un groupe d’une trentaine d’élus à l’Assemblée nationale dans une semaine. Et ce n’est pas rien.

Horizons, future pièce maîtresse à l’Assemblée?

Ce chiffre correspond peu ou prou aux ambitions affichées par la formation d’Édouard Philippe avant le premier tour. “Si c’est 30, c’est très bien. En dessous de 20, c’est plus compliqué”, confiait au HuffPost un cadre du parti au début du mois de mai, après la publication des investitures de la majorité.

Dans tous les cas, l’essentiel semble assuré: Le maire du Havre devrait, sauf effondrement inattendu, pouvoir compter sur un groupe autonome au Palais Bourbon (il faut 15 députés pour pouvoir se réunir). Ce qui induit du temps de parole supplémentaire, un meilleur financement, et d’autres prérogatives intéressantes pour peser dans le débat. Le mantra: défendre le projet d’Emmanuel Macron, dans un esprit “libre et loyal”, selon l’expression du principal intéressé.

“Nous sommes loyaux et nous resterons loyaux vis-à-vis du président de la République. Mais nous sommes libres également”, confirmait Arnaud Robinet, le maire (Horizons) de Reims, dimanche à franceinfo, juste après les résultats.

De quoi allumer des étincelles au Palais Bourbon? La taille du groupe d’Édouard Philippe sera à mettre en balance avec la puissance des troupes du chef de l’État. Or, au lendemain du premier tour, l’espoir, pour Emmanuel Macron, d’avoir à lui seul la majorité absolue est devenu illusoire. Sa formation, La République en marche, va devoir compter sur les élus du MoDem... Et surtout donc sur celui d’Édouard Philippe pour espérer atteindre les 289 sièges.

Impossible, pour l’exécutif, de s’en passer. Concrètement, chaque discussion au Palais Bourbon, chaque loi, sera susceptible d’entraîner d’intenses tractations pour satisfaire toutes les parties. D’autant que chez Horizons, où les relations se tendent régulièrement avec les macronistes, on ne nie pas “des différences” avec le président de la République. Certaines, sur la réforme des retraites, par exemple, sont de notoriété publique.

Pierre-Yves Bournazel, le hic

“Nous représentons l’aile droite, le centre-droit de la majorité présidentielle”, relatait encore Arnaud Robinet dimanche soir, tout en expliquant vouloir assurer “une majorité au président de la République”. Et voilà comment Edouard Philippe peut devenir une des pierres angulaires de ce quinquennat... sans même siéger dans l’hémicycle. Son groupe, s’il est fourni, aura également à jouer le rôle d’appel d’air auprès d’élus encore estampillés LR et dont on dit qu’ils résistent bien pour la nouvelle Assemblée.

Seule ombre à ce tableau plutôt reluisant: La mauvaise passe de Pierre-Yves Bournazel à Paris, un de ses plus proches poulains. C’est lui, en tant que “monsieur élection” du parti, qui avait mené les négociations avec le MoDem et LREM pour arracher le maximum de circonscriptions pour les candidats philippistes.

Seulement, le quadragénaire, député sortant, est en grande difficulté face au journaliste écologiste Aymeric Caron, adoubé par la coalition de gauche NUPES dans le nord de la capitale. Avec 35% des voix, celui qui a rejoint la majorité présidentielle dès 2017 après avoir siégé chez les Républicains, récolte dix points de moins que l’ancien chroniqueur de Laurent Ruquier.

La tâche sera donc -très- difficile pour lui. Dans ce contexte, il n’est pas certain de voir Édouard Philippe mouiller la chemise comme il l’a fait avant le premier tour. Signe du caractère symbolique de cette circonscription: le maire du Havre est venu soutenir son poulain début juin, sur la butte Montmartre, avec dans ses bagages la maire du 9e arrondissement de Paris, Delphine Bürkli, et le nouveau ministre délégué aux Collectivités territoriales, Christophe Béchu.

Cela n’aura pas suffi. Sauf retournement de situation, le maire du Havre ne conservera pas cette circonscription parisienne symbolique. Plus délicat encore, il perdrait, avec Bournazel, un potentiel président de groupe à l’Assemblée nationale.

À voir également sur Le HuffPost: Aux législatives, la Nupes salue une percée “historique” face à Emmanuel Macron

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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