Législatives: quels ministres risquent réellement leurs places au gouvernement?

Elisabeth Borne photographiée à l'Elysée lundi 23 mai. (AP Photo/Michel Spingler) (Photo: via Associated Press)
Elisabeth Borne photographiée à l'Elysée lundi 23 mai. (AP Photo/Michel Spingler) (Photo: via Associated Press)

Elisabeth Borne photographiée à l'Elysée lundi 23 mai. (AP Photo/Michel Spingler) (Photo: via Associated Press)

POLITIQUE - La règle, fixée par Emmanuel Macron, a été rappelée par la porte-parole du gouvernement, elle même candidate aux élections législatives, Olivia Grégoire. Les ministres qui perdront les 12 et 19 juin prochain ne seront pas reconduits dans leurs fonctions, et devront dire au revoir à leurs ambitions ministérielles. Au total, 16 ministres se portent candidats, dont la cheffe du gouvernement, Élisabeth Borne.

La Première ministre se présente en effet dans les 6e circonscription du Calvados, où un jeune candidat de la Nupes et un élu local du RN espèrent la faire trébucher. En théorie, au regard des scores du premier tour de l’élection présidentielle dans cette zone, Élisabeth Borne ne court pas un grand danger. Même chose pour Gabriel Attal qui, dans sa circonscription des Hauts-de-Seine, se présente auprès d’électeurs qui l’avaient déjà élu en 2017 et ont placé Emmanuel Macron à la première place le 10 avril, avec 38,8% des voix.

Des circonscriptions plus difficiles

Pour d’autres en revanche, la tâche s’annonce plus difficile. C’est notamment le cas de la ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Amélie de Montchalin. Dans la 6e circonscription de l’Essonne (où elle est sortante), c’est Jean-Luc Mélenchon qui est arrivé en tête au premier tour de l’élection présidentielle, avec 30,7%.

Un score d’un petit point supérieur à celui d’Emmanuel Macron qui montre que la gauche est bien implantée. D’autant que la ministre affronte un adversaire NUPES expérimenté: Jérôme Guedj, ancien président du conseil général de l’Essonne et ex-député PS de cette circonscription. Une figure locale, en somme mais qu’elle avait balayée en 2017. Mission compliquée aussi pour Brigitte Bourguignon, dans le Pas-de-Calais. Et pour cause, la circonscription qu’elle brigue (et où elle a été élue en 2017) a placé Marine Le Pen largement en tête du premier tour de la présidentielle. La ministre de la Santé fera face à Christine Engrand, conseillère régionale RN.

Autre cas incertain, celui de Damien Abad, ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Si l’ex-LR est sortant dans le secteur, il doit composer avec plusieurs difficultés. La première, les accusations de viol dont il fait l’objet. La deuxième, le candidat que Les Républicains ont investi en face de lui. La troisième, le score réalisé par Marine Le Pen, arrivée en tête au premier tour de la 5e circonscription de l’Ain avec 27,4% des voix. Autant d’obstacles qu’il devra surmonter pour rester en poste.

Ci-dessous, la carte des ministres candidats. En vert, les circonscriptions où Emmanuel Macron est arrivé en tête au second tour. En rouge, celle où le chef de l’État a été devancé par Marine Le Pen, ou Jean-Luc Mélenchon (passez votre curseur sur chaque point pour découvrir qui se porte candidat).

Des précédents?  

Si plusieurs ministres sont -théoriquement- en difficulté dans certains secteurs, ils sont, en réalité, considérés comme favoris. Comme le rappelle Libération, les cas de ministres démissionnaires pour cause de défaites aux élections législatives sont rarissimes. On ne connaît qu’un seul cas: celui d’Alain Juppé en 2007.

Ministre de l’Ecologie et du Développement et de l’Aménagement durables du premier gouvernement Fillon, il avait quitté le navire après sa défaite (d’une courte tête) contre la socialiste Michèle Delaunay. Une bévue qui ne l’a pas empêché de revenir au gouvernement trois ans plus tard, au poste de ministre des Affaires étrangères.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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