Législatives : Mélenchon promet de renvoyer Lallement s'il gagne

Quatre jours après le fiasco de la finale de la Ligue des champions au stade de France, le leader de la Nupes a promis que le préfet de police de Paris "s'en irait" en cas de victoire de son camp.

POLITIQUE - C’est devenu un combat personnel. Ce mercredi 1er juin, deux événements politiques coïncidaient à quelques kilomètres de distance à Paris : le meeting de Jean-Luc Mélenchon et de la Nupes en vue des législatives de la mi-juin, et l’audition au Sénat de Gérald Darmanin et Amélie Oudéa-Castera sur le fiasco de la finale de Ligue des champions, organisée quatre jours plus tôt au stade de France.

Et c’est peu dire que le candidat insoumis à la dernière élection présidentielle a su rebondir sur cette actualité qui embarrasse l’exécutif jusqu’en-dehors des frontières.

Après plus d’une demi-heure de prise de parole dans une salle du XIe arrondissement et après avoir succédé à Sophia Chikirou et Julien Bayou à la tribune, Jean-Luc Mélenchon a effectivement abordé la question de la sécurité dans le programme législatif de l’alliance à gauche. Et de lancer, au détour d’une phrase: “Darmanin devant le Sénat, vous n’avez pas suivi ? Bah il a parlé de l’affaire du stade...”

“Nous demandons des sanctions pour les chefs”

Le point de départ d’un argumentaire où le leader insoumis à cité les mots du ministre de l’Intérieur : “Il y a eu des gestes inappropriés, disproportionnés d’un certain nombre de policiers et de gendarmes mobiles qui ont été documentés.” Et Jean-Luc Mélenchon de poursuivre sa citation : ”‘J’ai vu personnellement’, dit cet homme qui a aggravé la pagaille en étant sur le terrain, ‘deux faits où manifestement l’ordre public et l’usage de gaz lacrymogènes étaient contraires aux actes d’emploi.’”

Une référence aux mots du ministre qui l’a fait ironiser, lui qui est régulièrement visé par les accusations et même les procès de la part de syndicats policiers, sur ce que serait la réaction de “la petite secte qui s’appelle Alliance” à telle déclaration. Et cette pique à l’endroit de l’une des principales organisations syndicales de la police a suscité l’hilarité et les applaudissements de la salle. D’autant que Jean-Luc Mélenchon a expliqué que par son aveu des dysfonctionnements au stade de France, “les propos de monsieur Darmanin devant le Sénat nous disculpent de toutes les accusations absurdes qui ont été faites contre nous”.

Quant au fait que le ministre de l’Intérieur ait poursuivi devant le Sénat en déclarant qu’il avait “demandé des sanctions au préfet de police pour ces deux responsables des forces de l’ordre”, Jean-Luc Mélenchon a répondu que lui n’aurait pas agi de la sorte. “La différence, c’est que nous, nous demandons des sanctions pour les chefs, pas pour les troupiers.”

La mort de Zineb Redouane dénoncée

Ce qu’il a illustré dans la foulée, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous, à partir d’une heure et 26 minutes, déclarant: “Le préfet de police Lallement, dans trois semaines je suis élu et il s’en va.” Avec une nouvelle salve d’acclamations en guise de réponse du public.

Car après avoir rapporté de la sorte l’audition de Gérald Darmanin devant le Sénat, Jean-Luc Mélenchon en est venu au cœur de son argumentaire, à savoir une dénonciation des violences policières et de la manière dont l’exécutif y a répondu depuis l’entrée en fonction d’Emmanuel Macron, en 2017.

“Si vous êtes capables de demander des renseignements pour deux ‘gestes inappropriés’, l’élu de Marseille que je suis (une ville dans laquelle il y a cette rue qui descend, avec un immeuble qui fait cinq étages), vous dit qu’il y a eu un autre geste inapproprié qui a consisté à lancer une grenade offensive sur une femme de 83 ans.” Un rappel de la mort de Zineb Redouane, tuée après avoir été touchée par une grenade lacrymogène alors qu’elle fermait ses volets en marge d’une manifestation de gilets jaunes, fin 2018 à Marseille.

Revoir totalement la doctrine du maintien de l’ordre

Jean-Luc Mélenchon a d’ailleurs insisté sur cette époque du premier mandat Macron, marquée par une réponse violente et controversée des forces de l’ordre contre les manifestants: “J’ai aussi vu des gestes inappropriés qui ont conduit à éborgner des gens 32 fois ! Je n’ai jamais fait autre chose que de protester contre un tel usage de la force.”

Ainsi, Jean-Luc Mélenchon a tenu à marquer son opposition à Emmanuel Macron et Gérald Darmanin en ce qui concerne le maintien de l’ordre et l’emploi de la force par l’État. “Je demande, alors que nous allons avoir les Jeux olympiques, que la conception d’ensemble de l’usage des forces soit revue et repensée.”

Et il s’est notamment adressé directement aux policiers qui manipulent des armes parfois mortelles, des “jeunes hommes qui sont capables de prendre une arme pour tirer dans la figure de quelqu’un” à qui il souhaitait “dire que c’est un geste immoral et que c’est un geste qui n’a rien à voir avec le respect que doit gagner celui qui a l’uniforme”.

Car pour celui qui aspire à être ”élu” Premier ministre les 12 et 19 juin prochains grâce à une victoire de la Nupes aux législatives, les années Macron ont marqué une dérive inquiétante. “Assurer la tranquillité autour d’un match de foot ? Terminé: tout ce qu’on sait faire, c’est tirer dans le tas et tabasser ceux qui bougent.” Une donne que lui veut faire évoluer : “Ce n’est pas l’idée que l’on se fait de la police et elle est capable de faire autre chose. Mais pour ça il faut changer les chefs, changer les normes et changer la surveillance. Moi je m’en prends à ceux qui dirigent.” Déjà décrié, le préfet de police de Paris est prévenu.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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