Législatives: l'union de la Nupes se fissure après la proposition de Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon le 8 juin 2022 lors d'un meeting de campagne des législatives à Caen - Sameer Al-DOUMY / AFP
Jean-Luc Mélenchon le 8 juin 2022 lors d'un meeting de campagne des législatives à Caen - Sameer Al-DOUMY / AFP

Moins de 24 heures. C'est le temps qu'aura duré l'union de la gauche, une fois le second tour des législatives passé. La Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), coalition formée par LFI, EELV, le PS et le PCF à l'issue de la présidentielle pour tenter de remporter un maximum de sièges à l'Assemblée, ne devrait pas durer davantage. Et ce, malgré le souhait exprimé ce lundi par son leader, Jean-Luc Mélenchon.

Inquiet que l'obtention de 89 députés par le RN remette en cause son "statut" de première opposition à Emmanuel Macron, le leader Insoumis a proposé ce lundi que la Nupes se constitue "comme un seul groupe" après avoir réussi à faire élire 131 députés, la veille.

"Dès lors qu'il y a un seul groupe, sans aucune discussion possible, l'opposition s'appellerait Nupes", a-t-il estimé lors d'un point presse surprise devant son QG, ne souhaitant pas "donner le sentiment que nous amplifions la confusion [...] par notre propre éparpillement".

"Je crois que nous devons être et rester une alternative unie", a ajouté le leader de la gauche, rapidement rejoint par Clémentine Autain. "Former un seul groupe Nupes dans le respect des sensibilités qui la composent permettrait d'envoyer un signal fort et de préparer l'avenir", a-t-elle corroboré sur Twitter.

Non, non et non

La réaction des formations politiques de l'union ne se sont pas fait attendre. C'est la cheffe de file des socialistes à l'Assemblée qui a ouvert le bal des refus, dans la foulée de la proposition de l'ex-député des Bouches-du-Rhône.

"La gauche est plurielle, elle est représentée dans sa diversité à l'Assemblée Nationale. C'est une force au service du peuple français. Vouloir supprimer cette diversité est une erreur, et je m'y oppose", a ainsi tweeté Valérie Rabault.

À BFMTV, d'autres leaders socialistes ont eux aussi exprimé leur désaccord. "La réponse est non (...) Nous avons des groupes, et des intergroupes pour nos positions communes. C'est non", nous a-t-on répondu, catégoriquement.

À la suite des socialistes, écologistes et communistes se sont également désolidarisés:

"Un intergroupe oui, pour porter nos combats communs. Un groupe unique, nous n'y sommes pas favorables car nous avons des différences", confie ainsi à BFMTV la direction communiste avant d'exprimer son étonnement devant l'initiative du leader Insoumis: "Ce n'est pas du tout ce qui a été convenu dans notre accord, il n'a jamais été question qu'on se fonde dans un seul groupe."

"Un groupe chacun, un intergroupe pour nos positions communes. C'est une initiative des seuls LFI, à laquelle nous ne sommes pas favorables", commentent de leurs côtés les Verts. "Pas question de se fondre dans un groupe unique", a réagi le porte-parole d'EELV Alain Coulombel.

Peur d'une fusion-acquisition par LFI

Il faut dire que la méthode du leader Insoumis interroge. Pour des socialistes, des Verts et des communistes très sensibles - pour qui l'union de la gauche post-présidentielle a déjà demandé de gros efforts de négociations - lancer cette proposition à la presse, sans réunir au préalable les chefs de parti, manque de délicatesse.

La peur d'une fusion-acquisition des formations politiques par La France insoumise augmente. Et la confiance envers son leader qui a déjà concentré toute la campagne des législatives autour de lui diminue, commentent nos éditorialistes. De quoi craindre un possible retour vers le futur dans l'hémicycle, avec des forces de gauche dressées les unes contre les autres?

"Naturellement je m'en remettrai à ce que décideront les groupes", a toutefois déclaré Jean-Luc Mélenchon, "c'est une proposition, pas une injonction. Ça n'empêche pas chaque partie d'avoir une délégation, comme au Parlement européen, qui s'auto-organise", a-t-i voulu rassurer.

Article original publié sur BFMTV.com

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