Législatives: l'embarras de la majorité présidentielle à l'heure de devoir donner des consignes de vote

Elisabeth Borne, Jean-Michel Blanquer et Agnès Panier-Runacher.  - BFMTV
Elisabeth Borne, Jean-Michel Blanquer et Agnès Panier-Runacher. - BFMTV

"Ne rien céder". À l'issue du premier tour des élections législatives qui la donne au coude-à-coude avec la Nupes, la majorité présidentielle se trouve embarrassée au moment de devoir donner une consigne de vote claire pour le second tour. Les ténors de la majorité s'évertuent ainsi à répéter, ce dimanche soir, que les consignes seront dictées "au cas par cas" dans les circonscriptions où s'opposeront des candidats du Rassemblement national et de la coalition mélenchoniste Nupes. Mais pas de règle nationale, appliquable dans toutes les circonscriptions.

"C'est le front républicain contre les extrêmes", explique le parti présidentiel, faisant valoir que "certains candidats de la Nupes sont extrêmes: ce sera en fonction de la personnalité de la Nupes qui est qualifiée, notamment si c'est quelqu'un qui a les valeurs de la République". "Mais nous ne soutiendrons aucun candidat RN", a ajouté LaREM.

"Pas une voix ne doit aller au RN", tranche Maud Bregeon

Après quelques heures de flottement ce dimanche soir sur la ligne à adopter, Maud Bregeon a tenu à préciser, une heure plus tard sur notre antenne, qu'"aucune voix ne devait aller aux candidats RN". "Je veux être extrêmement claire ce soir: pas une voix ne doit aller au Rassemblement national", a déclaré la candidate à la 13e circonscription des Hauts-de-Seine, précisant qu'elle s'exprimait en tant que porte-parole de Renaissance. "C'est notre ADN, on s'est construit là-dessus", même si "ça ne signifie en rien que nous sommes d'accord avec ce que porte la Nupes".

Lors de sa prise de parole depuis le Calvados où elle est arrivée en tête (6e circonscription), la Première ministre Élisabeth Borne avait pourtant d'abord mis un point d'honneur à ne rien "céder" face aux extrêmes, que ce soit à droite ou à gauche. "Au-delà des étiquettes, ce sont nos valeurs qui sont en jeu", a insisté la cheffe du gouvernement. "Face à la situation du monde et à la guerre aux portes de l'Europe, nous ne pouvons pas prendre le risque de l'instabilité", a-t-elle poursuivi, jugeant que seul Ensemble "porte un projet de cohérence et de responsabilité".

Dans la soirée, la ministre Agnès Pannier-Runacher avait elle-aussi affirmé qu'Ensemble examinerait "au cas par cas" chaque duel Nupes/RN au second tour. "J'ai toujours été adepte du front républicain", a précisé la ministre de la Transition énergétique sur RTL.

"Ne rien céder" face à "la poussée des radicalités"

L'ex-ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, éliminé au premier tour dans la 4e circonscription du Loiret, s'est montré particulièrement critique à l'égard des candidats Nupes et RN arrivés en tête ce dimanche. "Il y a une volonté de détruire et il y a un danger de l'extrême-gauche comme il y a un danger de l'extrême droite. Je suis triste de voir les résultats, non seulement en ce qui me concerne mais aussi pour la poussée des radicalités", a-t-il déclaré depuis Montargis, amer, face à la presse.

Le ministre délégué chargé de l'Europe et candidat aux élections législatives Clément Beaune, lui, a lui appelé tôt, ce dimanche soir sur BFMTV, à voter pour la Nupes en cas de duel avec le RN et en l'absence de candidat Ensemble au second tour. En précisant que c'était sa position personnelle, pas la ligne du gouvernement.

La majorité absolue s'éloignait ce dimanche soir pour Ensemble. En fin de soirée, la coalition Ensemble (LaREM, Modem, Horizons et Agir) recueillerait entre 260 et 295 sièges à l’issue des élections législatives, selon une nouvelle projection de l’institut Elabe pour BFMTV, RMC et L’Express avec notre partenaire SFR.

Article original publié sur BFMTV.com

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