Législatives en France : “Tous perdants, sauf la gauche”

La prise de contrôle de la République française par l’extrême droite a finalement fait long feu, souligne le Wall Street Journal. Les électeurs français ont donné une faible majorité à la gauche, tout en produisant une Assemblée nationale divisée. Rien de tout cela “ne facilitera la vie du président français qui a été le principal artisan de cette confusion politique”, assène le quotidien conservateur dans son éditorial.

Dans cette affaire, “tout le monde est perdant, sauf la gauche”, poursuit le Wall Street Journal. Macron a impulsivement convoqué cette élection éclair après les bons résultats obtenus par le Rassemblement national aux élections européennes. Le président français espérait que les électeurs abandonneraient le RN si le contrôle du gouvernement national était en jeu.

“Ce pari a fonctionné, dans la mesure où le RN a fait moins bien que prévu au second tour des élections législatives, de quoi calmer les ardeurs de Mme Le Pen pendant un moment”, mais le parti a tout de même augmenté son nombre de sièges à l’Assemblée nationale, relève le Wall Street Journal.

La France paralysée ?

Et le quotidien américain d’enfoncer le clou en soulignant que Macron “n’en sort pas du tout gagnant”. Sa “stratégie du ‘tout sauf Le Pen’ pour le second tour des législatives l’a conduit à forger une alliance embarrassante [le front républicain mis en place au second tour des législatives] avec un assortiment hétéroclite de partis de gauche”, estime le quotidien. De quoi faire de lui “un canard boiteux pour le reste de sa présidence”, cingle le Wall Street Journal en utilisant l’image traditionnellement accolée aux présidents américains qui, lorsque leur parti perd les élections législatives de mi-mandat, se retrouve à devoir terminer leur mandat à la Maison-Blanche dans une relative paralysie.

La conséquence la plus immédiate est que “le programme de relance économique d’Emmanuel Macron est mort”, souligne le Wall Street Journal. Les partis de gauche sont farouchement opposés à ses réformes des retraites et du marché du travail, plus encore que Marine Le Pen. Et les investisseurs et les marchés “qui ont paniqué à l’idée que le RN puisse faire exploser les finances publiques sont sur le point de découvrir que les choses peuvent être pires”.

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