Législatives en France : et à la fin c’est le centre qui gagne ?

PHOTO / AFP / LIONEL BONAVENTURE

Le premier tour des législatives du 12 juin a été résumé par ce titre lapidaire : ‘Mélenchon s’impose face à Macron’”. Un raccourci qui cache les tendances réelles de l’électorat français dans le système d’un scrutin majoritaire à deux tours, estime un article d’opinion paru dans El País.

Au second tour, ce dimanche 19 juin, “de nombreux candidats mélenchonistes sortis premiers dans leur circonscription ne rassembleront pas un soutien suffisant pour être élus”, poursuit le journal espagnol. Si les quelque 26 % obtenus par la Nupes ont été perçus comme historiques, les chiffres montrent en réalité “une réduction de l’espace électoral de la gauche” au profit du centre et une augmentation des votes à l’extrême-droite, analyse-t-il.

La réserve de voix des électeurs sociaux-démocrates

Auparavant, les partis centristes allaient puiser des réserves de voix chez les conservateurs. Ils s’adressent désormais aussi à une partie de la gauche qui ne se reconnaît pas dans l’alliance portée par Jean-Luc Mélenchon, note El País.

“Quelque chose a changé : les électeurs sociaux-démocrates ont renié leur engagement politique et refusé de voter pour une gauche perçue comme radicale et illégitime, malgré tous les efforts de Mélenchon […] pour virer vers la sociale-démocratie et renoncer à un véritable programme de rupture.”

Or, ce renforcement du centre s’accompagne de son pendant : la hausse des votes pour l’extrême droite. Au premier tour des législatives, les différentes formations de cette tendance politique ont réuni environ 23 % des suffrages, soit près d’un électeur sur quatre, un résultat sans précédent pour les élections législatives françaises.

L’extrême droite aura toutefois peu de représentants à l’Assemblée nationale car le système électoral en place favorise les partis centristes au second tour, selon la mécanique des alliances.

“[Cela] aggrave encore davantage le manque de légitimité du système majoritaire à deux tours dont la réforme, tôt ou tard, ne fera pas l’économie de ce dilemme moral : faut-il garantir une représentation politique équitable à tous les partis politiques y compris à ceux qui aspirent à torpiller le système ?”

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