Législatives françaises: le PS valide l'accord avec LFI, EELV et le PCF

Le conseil national du Parti socialiste a largement approuvé, à 62 %, l'accord trouvé avec La France insoumise, le Parti communiste français et Europe écologie-Les Verts en vue des législatives du mois de juin prochain. Pour la première fois depuis 25 ans, la gauche abordera ces scrutins rassemblée.

Environ 300 membres du parlement interne du PS étaient appelés à se prononcer sur l'accord trouvé avec LFI, EELV et le PCF pour les législatives, en visioconférence ou directement au siège du parti. Ont voté en faveur de cette alliance : 167 membres ; contre : 101 ; abstention : 24 ; sur 292 votants.

C'est donc avec un score confortable de 62 % que le parti de la rose rejoint la Nouvelle Union populaire, écologique et sociale, la Nupes. Les débats auront été parfois tendus, cette réorientation stratégique ne convenant pas à tout le monde au sein de l'ex-force dominante de la gauche.

« Maintenant, nous allons mener campagne ensemble », a réagi Olivier Faure, chef du parti, à l'issue de ce scrutin. « Nous sommes très fiers de pouvoir porter les prochains combats des prochaines semaines, et tenter de réveiller l'espoir avec eux dans notre pays, pour permettre une alternative. »

Le premier secrétaire du PS a toutefois confirmé que cette décision n'avait « pas été facile ». Elle a été prise, a-t-il ajouté, afin de « répondre à l'attente de rassemblement » des Français, « mais d'abord de changement, de transformation sociale, écologique, démocratique », selon les mots d'Olivier Faure.

Nous nous sommes beaucoup manqués et maintenant, je l'espère, nous allons nous retrouver.

Un événement d'investiture de la Nupes devrait avoir lieu samedi à Aubervilliers. Soit le jour de la cérémonie d'investiture d'Emmanuel Macron à l'Élysée. Les troupes de ce dernier ont elles-mêmes lancé la bataille des législatives ce jeudi à Paris, le parti du président changeant de nom au passage.

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LFI, mouvement de Jean-Luc Mélenchon, est arrivée troisième au premier tour de l'élection présidentielle avec 22% des voix. Mais le tribun ambitionne d'imposer une cohabitation au président réélu, d'où l'élaboration de cette union avec les écologistes, les socialistes et les communistes.

Soixante-dix circonscriptions devraient être réservées au Parti socialiste, dont une vingtaine seraient favorables, contre une centaine pour Europe écologie-Les Verts et une cinquantaine pour le Parti communiste français. Le PS compte 26 députés plus trois apparentés dans l'Assemblée sortante.

Les modalités de l'accord passent mal auprès de certains militants et cadres du PS. Certains, pressentis pour les législatives, doivent céder leur place. La formation, qui a enregistré son plus mauvais score à la présidentielle cette année, espérait plutôt obtenir une centaine de circonscriptions.

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Certains regrettent surtout ce rapprochement avec la gauche dite radicale, au détriment selon eux de la social-démocratie, et d'un engagement sans faille pour la construction européenne. La possibilité de déroger aux règles de l'UE fait réagir. D'autres, à tous les échelons, ressortent d'anciennes querelles.

« L'accord que vous avez négocié demande de nous excuser, de faire repentance, de nier une partie de notre histoire », estime Hélène Geoffroy, maire de Vaulx-en-Velin. Il « nous remet dans la gauche, nous en étions sortis. Nous n'étions plus fréquentables », répond la sénatrice Laurence Rossignol.

LFI n'est pas la force centrale de la gauche, elle est temporairement dominante, c'est un moment à passer.

Parmi les personnalités sceptiques face à cet accord : l'ex-président François Hollande, ainsi que ses anciens Premiers ministres Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve. Ce dernier a même annoncé qu'il quittait le parti. Quant à Manuel Valls, il sera candidat sous la bannière de la majorité sortante.

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