Législatives françaises: LR réaffirme son indépendance face au risque de débauchage

Alors que certains élus locaux Les Républicains (LR) appellent à travailler avec Emmanuel Macron après la bérézina de la droite à la présidentielle et que des députés pourraient basculer vers la majorité présidentielle, les cadres du parti Les Républicains se sont réunis ce mardi 26 avril pour remettre les points sur les i et réaffirmer la ligne officielle. Pas question de s'allier à la majorité ni à l'extrême droite, le parti restera indépendant pour la bataille des législatives.

La droite doit porter sa propre voix et faire contrepoids au pouvoir d'Emmanuel Macron. Voilà la position majoritaire des caciques du parti.

Les députés investis par LR pour les législatives devront donc s'engager par écrit à siéger dans un groupe indépendant à l'assemblée.

Le chef de file du parti Christian Jacob l'affirme :

« On ne peut pas être Les Républicains et majorité présidentielle ; on ne peut pas être Les Républicains et Reconquête ! ; on ne peut pas être Les Républicains et Horizons ; on est Les Républicains, un groupe indépendant. La double appartenance n’existe pas. »

Face aux appels de maires et présidents de région LR à travailler avec le président réélu et aux nombreux députés qui y pensent, il fallait clarifier, estime le maire Gilles Platret :

« Il peut y avoir peut-être des débauchages individuels, mais en tout état de cause, ici, ce matin, les choses ont été dites : il n’y aura aucune compromission. Nous restons fermement dans l’opposition. La situation est beaucoup plus compliquée qu’en 2017, ce n’est pas la peine que l’on se raconte des histoires, mais c’est quand on est faible qu’il faut être intransigeant. »

Mais même au sein de ce cénacle de la droite, certains ne sont pas d'accord. Comme l'ancien candidat à la primaire, Philippe Juvin :

« Gouverner avec Emmanuel Macron ? Moi, je veux que les partis de gouvernement travaillent ensemble. »

L'actuel président du goupe LR à l'Assemblée, Damien Abad, s'est, lui aussi, abstenu de voter le texte de clarification de ce mardi. Les rumeurs lui prêtent des envies d'entrer au gouvernement.

LR promet une opposition « constructive »

Cinq ans après 2017, les appels du pied d'Emmanuel Macron font encore trembler la droite, qui craint une hémorragie au sein de ses troupes. Encore plus après les 4,8% de Valérie Pécresse à la présidentielle.

En 2017, François Fillon avait fait 20%, et Les Républicains obtenaient 101 députés. Cette fois-ci, ils seront sans doute beaucoup moins.

Alors, pour tenter de survivre aux législatives, la droite fait le pari de l'ancrage local. Elle affirme son indépendance, mais assure qu'elle sera « constructive ».

« Si certaines mesures vont dans le bon sens, nous les voteront », affirme le chef du parti Christian Jacob. La réforme des retraites, par exemple.

Mais y aura-t-il un espace politique pour la droite entre le macronisme et l'extrême droite, qui sortent renforcés du scrutin présidentiel ?

Valérie Pécresse a échoué à desserrer cet étau. Et pour les législatives, la gauche est aussi en embuscade, cette fois-ci probablement unie.

Alors, un ancien LR, déjà parti en Macronie, ricane. Pour le patron de la région PACA Renaud Muselier, Les Républicains ressemble à une « secte » qui file droit « vers le suicide collectif ».

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