Législatives : Eric Ciotti annonce une alliance avec le RN

Une information qui avait fait bondir de nombreux élus Républicains, dont les sénateurs, obligeant le président du parti à sortir du silence. Alors qu’il devait s’exprimer à 20h, Éric Ciotti a anticipé sa prise de parole ce midi pour confirmer ce qui bruissait depuis plusieurs heures : « Nous avons besoin d’une alliance en restant nous-mêmes », explique le président des Républicains, qui précise « la nécessité de servir le pays qui est en danger ».

Ce matin, plusieurs cadres LR à l’instar de Xavier Bertrand, Valérie Pécresse ou Laurent Wauquiez, avaient appelé à une « clarification », refusant pour leur part toute alliance avec le RN. Ils n’auront pas été entendus par le président des Républicains, qui annonce sur TF1, « une alliance » avec le parti dirigé par Jordan Bardella. De leur côté, les sénateurs LR ont voté à l’unanimité tout accord avec le RN (lire notre article).

« Une formation doit se lever pour faire face à l’impuissance du macronisme »

L’union de la gauche qui se dessine, l’union de la droite lui emboîte le pas. Dénonçant un accord « contre-nature » entre les différentes forces de gauche, « avec les Insoumis qui portent des idées extrêmement dangereuses », le président LR s’est prononcé ce midi en faveur d’une alliance avec le RN. « Aujourd’hui, LR est trop faible », analyse Éric Ciotti, qui estime qu’ « une formation doit se lever pour faire face à l’impuissance du macronisme ».

« Cet accord concernera tout le territoire national », continue le député des Alpes-Maritimes, qui se montre favorable à ce que « tous les députés LR sortants qui souhaitent ne pas avoir d’adversaire du RN, peuvent ne pas avoir de concurrent », constatant que « le pays n’a jamais été aussi à droite ». Le président des Républicains a également précisé dans la foulée que « des dizaines de parlementaires » étaient prêts à le suivre dans sa démarche.

« On n’a pas réussi à percer le mur du son »

Pour Éric Ciotti, pas question pour autant de se fondre au sein du RN. « Nous discutons sur un accord sur le même groupe de circonscriptions en conquête. Ils auront l’étiquette LR et ils feront partie d’un groupe LR ». « Quand je porte des textes très similaires [que le RN] sur l’immigration, nous disons la même chose. Arrêtons de faire des oppositions fictives pour nous mettre au travail », fustige-t-il.

Face aux réactions très vives au sein des cadres de son parti qu’une telle décision suscite, Éric Ciotti défend avoir tenu « cette ligne d’équilibre pendant des années ». « On n’a pas réussi à percer le mur du son. Il faut nouer une forme d’alliance », constate-t-il en état d’échec. Un accord que le président LR justifie pour sauver un certain nombre de députés : « L’enjeu c’est qu’on ait encore un groupe », avance-t-il. « Ce qui m’importe est de donner une alternative au pays ».

L’occasion aussi de confirmer avoir discuté de ce rapprochement avec l’état-major du RN : « Nous nous sommes parlé avec Marine Le Pen et Jordan Bardella. Ce ne sont pas des combinaisons, je veux que nous préservions nos députés sortants et je souhaite que nous ayons un groupe important dans la nouvelle majorité », défend-il. Pour autant, il juge que la question de rentrer dans un futur gouvernement RN « ne se pose pas aujourd’hui », tout en balayant les accusations selon lesquelles le RN serait toujours dans une ligne d’extrême-droite : « On n’est plus au lendemain de la 2GM », martèle le président des LR.

Affirmant vouloir rester président des Républicains, il assure avoir « la confiance des militants », ne manquant pas de citer les qualités de sa prise de position, qui nécessite selon lui, « de l’audace et du courage », et « marque une rupture ». Au risque d’une implosion de son parti ? « Peut-être que j’ouvre un chemin, d’autres seront un peu en retard, mais je suis certain qu’ils y viendront », conclut-il.

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