Législatives: plus d'un Français sur deux souhaite l'instauration d'une cohabitation, selon un sondage

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Vue de l'hémicycle de l'Assemblée nationale. - Bertrand Guay - AFP
Vue de l'hémicycle de l'Assemblée nationale. - Bertrand Guay - AFP

Le second tour de la présidentielle passé, place désormais aux tractations en vue des législatives des 12 et 29 juin prochains. Selon un sondage réalisé par Ipsos Sopra-Steria pour France Télévisions et Radio France, 56% des Français souhaiteraient que le chef de l'État réélu perde le scrutin et "qu'il y ait une cohabitation avec un gouvernement de l'opposition qui l'empêche de mettre en oeuvre son programme".

A contrario, 20% des Français souhaitent qu'une majorité soit élue et que le dirigeant "puisse mettre en oeuvre son programme". 24% des sondés jugent également préférable qu'une majorité soit élue, mais le motif est différent, estimant qu'il faudrait "éviter une cohabitation tout de suite après son élection".

Ce sont les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (84%), de Marine Le Pen (87%) et d'Éric Zemmour (80%) qui sont les plus nombreux à vouloir l'instauration d'une cohabitation pour les balbutiements de ce nouveau quinquennat.

Dispersion de l'opposition

Pour l'éditorialiste politique de BFMTV Laurent Neumann, ce chiffre de 56% pourrait contre toute attente se révéler positif pour Emmanuel Macron. Soulignant que 44% des sondés veulent donner une majorité au président réélu, Laurent Neumann juge que "les 56% qui sont contre une majorité au président ne vont pas voter pour la même formation politique" et donc qu'il pourrait y avoir une opposition dispersée. Autre sujet qui pourrait jouer en faveur de la majorité: le calendrier.

"Les élections législatives sont dans sept semaines. Est-ce que la politique va rester au cœur des préoccupations des gens pendant sept semaines?", s'interroge aussi l'éditorialiste.

À l'issue du premier tour, trois grands blocs distincts s'étaient dégagés: La République en Marche (LaREM) avec 27,85% des voix, le Rassemblement national (RN) avec 23,15% des suffrages, puis La France insoumise (LFI) avec 21,95%.

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Élection moins confortable qu'en 2017 pour Macron

En 2017, LaREM avait obtenu 308 députés, offrant une confortable majorité absolue au nouveau président de la République. Majorité qui s'est effritée au cours du quinquennat, devenue relative. Aux dernières heures du mandat, le parti présidentiel ne détient plus que 267 sièges, dont quatre apparentés.

En cinq ans, Marine Le Pen a gagné du terrain, et Emmanuel Macron a été réélu avec 58,54% des suffrages, contre 66,1% en 2017. Un émiettement qui pourrait aussi se constater dans les urnes aux prochaines législatives.

Les états-majors des mouvements politiques se préparent de longue date pour les législatives, cruciales pour le financement des partis. Mardi dernier, sur BFMTV, Jean-Luc Mélenchon n'avait pas attendu le second tour pour mettre le cap sur les prochaines élections, appelant ses électeurs à "l'élire Premier ministre". Dimanche soir, nouvel appel après l'annonce des résultats. "Ne vous résignez pas", a exhorté le député des Bouches-du-Rhône en galvanisant ses soutiens.

"Le troisième tour commence ce soir. Le 12 et le 19 juin, un autre monde est encore possible si vous élisez une majorité de députés de la nouvelle union populaire qui doit s'élargir", a lancé le troisième homme de la présidentielle, qui a obtenu 21,95% des suffrages au premier tour, dans un mouchoir de poche avec Marine Le Pen.

"Rien n'est joué"

Défaite aux portes de l'Élysée avec un score historiquement haut pour l'extrême droite, ce qui brosse une victoire en demi-teinte pour Emmanuel Macron, Marine Le Pen a elle aussi battu le rappel des troupes dès dimanche soir pour les législatives.

Saluant un score qui "représente en lui-même une éclatante victoire", la candidate d'extrême droite, qui concourait à la magistrature suprême pour la troisième fois, a déclaré lancer "ce (dimanche) soir la grande bataille électorale des législatives", qu'elle mènera "au côté de Jordan Bardella".

"Le score historique de ce soir place notre camp dans d'excellentes dispositions pour obtenir un grand nombre de députés en juin prochain", a aussi lancé celle qui avait été élue pour la première fois députée du Pas-de-Calais en 2017, après avoir échoué en 2002, 2007 et lors d'une première tentative à Paris en 1993.

"Les législatives se préparent depuis septembre. La commission nationale d'investiture délivre au fil des semaines des investitures", admettait Philippe Ballard, porte-parole du RN, auprès de BFMTV.com la semaine passée. "On se met en ordre de bataille", ajoutait-il.

Éric Zemmour dimanche soir a appelé peu après 20 heures à ce que "le bloc national (s'unisse et se rassemble)" pour les législatives. Ce à quoi le Rassemblement national ne semble à ce stade pas enclin. "On ne va pas se lancer dans des alliances sur des théories qui ne sont pas les nôtres", a riposté Sébastien Chenu ce lundi sur BFMTV, député du Nord et porte-parole du parti.

Sur le risque d'une absence de majorité aux législatives, le directeur général délégué d'Ipsos France Brice Teinturier s'est voulu prudent lundi. "On va trop vite en besogne en disant 'il y a une opposition très forte à Emmanuel Macron qui va se traduire au moment des législatives. En réalité, rien n'est joué. Cela dépend beaucoup des alliances", a mis en garde le sondeur dans un entretien à l'AFP-TV.

Article original publié sur BFMTV.com

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