Législatives: dissidences en vue au PS, après l'accord provisoire avec les Insoumis

Le Parti socialiste (photo d'illustration) - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP
Le Parti socialiste (photo d'illustration) - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP

"Le principe d'un accord, c'est aussi que les formations soient en capacité de les faire respecter. On ne peut pas tolérer qu'on passe un accord sur une répartition et qu'il y ait des dissidences". La mise en garde d'Adrien Quatennens (LFI), mercredi, sur Franceinfo, ne semble pas faire peur à certains élus socialistes.

Alors qu'un accord de principe a été trouvé entre le Parti socialiste et la France insoumise en vue des législatives - accord qui doit encore être validé par les 300 membres du Conseil national du PS ce jeudi soir, de nombreuses cadres du parti ruent dans les brancards, à l'image de François Hollande, Bernard Cazeneuve ou encore Jean-Marc Ayrault.

Carole Delga, visage de la fronde

D'autres élus du parti à la rose ont d'ores et déjà prévenu qu'ils feront partie des frondeurs, en présentant des candidats dans des circonscriptions réservées aux Insoumis, aux communistes ou aux écologistes, qui ont également signé un accord avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. C'est le cas en Occitanie, où la présidente de région Carole Delga regrette que l'accord n'accorde que 6 circonscriptions sur 49 aux socialistes.

La présidente de région présentera plusieurs candidats, hors accord, dont trois dans l'Hérault. Des candidats sous l'étiquette "majorité départementale", et non celle du PS.

Du côté de la Sarthe, le maire du Mans Stéphane Le Foll, ex-ministre sous le quinquennat Hollande s'est porté volontaire pour "conduire la campagne" des candidats dissidents. "Pour tous ceux qui vont être candidats quand même parce qu'ils n’accepteront pas l’accord, il faut conduire cette campagne. (...) Je fais la campagne des législatives puis j’ai donné un rendez-vous le 16 juillet", pour "reconstruire une autre gauche", a-t-il dit mercredi sur France 2.

S'il condamne l'accord, l'édile n'a toutefois pas l'intention de claquer tout de suite la porte du PS, contrairement à Bernard Cazeneuve.

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Des décisions suspendues au vote du Conseil national

En Moselle, le premier secrétaire fédéral socialiste, Michael Weber, ne compte également pas se laisser faire. "Nous avons pris une position pour être prêt pour présenter des candidats dans un certain nombre de circonscriptions. Nous attendons le contenu de l’accord", explique-t-il au Parisien, affirmant pouvoir présenter sept candidats sur les neuf circonscritpions que compte son département, en continuant à discuter avec d'autres formations de gauche.

Martine Filleul, sénatrice du Nord, confie aussi avoir consulté le "bureau fédéral" mercresi soir. "Rien n'a été décidé", mais "si des sortants n’étaient pas respectés dans leurs circos, comment ne pas imaginer que des candidats ne se présentent pas en dissidence?", s'interroge-t-elle auprès de nos confrères.

Difficile de croire également que la délégation parisienne, bien que fragilisée par le score historiquement bas d'Anne Hidalgo à la présidentielle (1,75%) ne cède sa place à des candidats insoumis.

Remous chez les Verts et les communistes

Quid d'éventuelles dissidences chez les communistes et les écologistes? Chez les Verts, l'accord semble - pour le moment- bien passer, malgré quelques accrochages locaux, comme en Normandie.

Chez les communistes, une ville pose problème: Vénissieux, dans le Rhône. La maire de la commune, Michèle Picard, a annoncé dès mardi, via un communiqué, maintenir sa candidature dans la 14e circonscription. "La candidate déclarée depuis longtemps, la plus sûre pour battre le représentant de Macron et faire grandir l’opposition à son gouvernement, est Michèle Picard", souligne le parti.

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Or, selon l'accord signé entre le parti de Fabien Roussel et celui de Jean-Luc Mélenchon, cette circonscription est promise à l'insoumis, journaliste et militant Taha Bouhafs.

"Un candidat parachuté surtout connu dans les réseaux sociaux a été condamné en première instance pour propos racistes envers une jeune policière", fustige le PCF local, qui appelle à une rencontre avec les Insoumis.

Article original publié sur BFMTV.com

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