Législatives: ce que disaient les sondages à quelques jours des dernières élections

Assemblée nationale  - AFP
Assemblée nationale - AFP

Il ne reste plus qu'une poignée d'heures avant la fin de la campagne officielle pour le premier tour des élections législatives. À partir de ce vendredi 10 juin, 23h59, il ne sera plus possible pour les candidats de prendre la parole jusqu'à l'annonce des résultats, le dimanche 12 à 20 heures.

Dans cette dernière ligne droite, la majorité présidentielle sortante est au coude-à-coude avec la Nupes (LFI, EELV, PS, PCF) pour arriver en tête au premier tour. Tous les instituts projettent cependant une majorité de sièges pour Renaissance (ex-LaREM) Horizons, Agir et le MoDem, qu'elle soit relative (moins de 289 élus, mais plus que les autres groupes) ou absolue (plus de 289 députés).

Lors des précédentes élections, quelle était la situation dans la dernière ligne droite? Les sondages avaient-ils vu juste? BFMTV.com fait le point.

• En 2017, surestimation du RN

Il y a cinq ans, La République en marche et ses alliés étaient donnés largement en tête, entre 29,5% et 33% des intentions de vote. Les instituts projetaient une "vague" macroniste, avec plus de 370 élus. À l'arrivée, LREM était bien sortie en tête du premier tour avec plus de 32% des voix, et avait fait élire 350 députés.

Le RN, donné second avec 17% dans le dernier sondage publié par Ipsos le 8 juin 2017, avait finalement obtenu 13,2%, tout juste devant LFI. Les scores des partis de gauche, qui partaient divisés en 2017, étaient tous dans la marge d'erreur des dernières enquêtes.

• En 2012, un PS sous-estimé

En 2012, quelques semaines après l'accession de François Hollande à l'Élysée, le PS et l'UMP (LR) se battaient pour obtenir la majorité à l'Assemblée nationale. Avant le scrutin, les deux camps étaient au coude à coude pour arriver en tête du premier tour. Ainsi, le 7 juin, Ipsos et OpinionWay donnaient l'UMP première avec 34,5% et 33,5%, tandis que la veille, le CSA sondait une égalité au premier tour, avec les deux partis à 32,5%.

A trois jours du premier tour, les dernières projections en sièges donnaient, quant à elles, un léger avantage au parti du nouveau président (entre 243 et 285 sièges selon Ipsos), mais pas de majorité absolue pour l'alliance PS-DVG-PRG, qui devrait alors s'appuyer sur un accord avec EELV.

A l'arrivée, la formation socialiste et ses alliés étaient sortis largement en tête avec près de 35% des voix au premier tour, leur permettant au final d'obtenir 314 sièges.

• En 2007, l'UMP vue trop haut

En 2007, alors que Nicolas Sarkozy vient d'être élu, les sondages donnent l'UMP largement favori de ce scrutin législatif tout au long de la campagne. Les dernières enquêtes anticipaient un score de 41% pour le parti présidentiel lors du premier tour, contre 27% pour ses rivaux socialistes, accompagné d'un raz-de-marée en termes de sièges (entre 420 et 460 selon l'Ifop le 1er juin 2007).

Le score de l'UMP sera finalement très légèrement en dessous des 40% (39,5%). En revanche, l'estimation en termes de sièges aura été largement surévaluée puisque la majorité présidentielle ne récoltera que 344 sièges, contre 208 pour la gauche parlementaire.

• Une cohabitation serait inédite depuis l'instauration du quinquennat

Les élections législatives de 2022 brillent ainsi par leur incertitude, les derniers sondages n'assurant pas une majorité absolue à Ensemble. Selon les projections de l'Ifop du 7 juin, LaREM et alliés obtiendraient entre 250 et 290 sièges, et la Nupes entre 195 et 230.

Si Ensemble ne venait à disposer que d'une majorité relative, le gouvernement pourrait appliquer son programme, mais serait contraint d'aller chercher des alliances pour s'assurer de faire passer ses textes.

La perspective d'une cohabitation, si la Nupes obtenait plus de sièges qu'Ensemble, n'est pas exclue. Sans alliance avec la droite ou une autre force à l'Assemblée, Emmanuel Macron serait alors obligé de nommer un Premier ministre issu de la Nupes.

La dernière cohabitation a eu lieu entre 1997 et 2002, lorsque Lionel Jospin (PS) était Premier ministre et que Jacques Chirac (RPR) était président. Mais depuis l'inversement du calendrier électoral et l'élection des députés quelques semaines après celle du président de la République, le locataire de l'Élysée a toujours eu une majorité absolue à l'Assemblée nationale.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles