Législatives: diplomates, personnels de l'éducation, sportifs... Ils s'engagent contre une victoire du RN

De nombreux secteurs mobilisés. Depuis la dissolution de l'Assemblée nationale et la campagne des législatives qu'elle a causé, plusieurs voix s'élève pour appeler les électeurs à se prononcer contre l'extrême et, plus généralement, pour dénoncer les dangers que cette dernière fait peser sur la société, dans plusieurs de ses aspects. La plateforme Change.org agrège ainsi actuellement 16 pétitions de plusieurs corps de métiers qui ont lancé des appels à se lever contre le Rassemblement national (RN).

Comme le 17 juin, celui de figures du monde littéraire, qui appellent à "faire barrage au Rassemblement national". Au premier rang desquels, Françoise Nyssen, ancienne ministre de la Culture, ou Jean-Baptiste Andrea, prix Goncourt 2023.

Ce dimanche 23 juin, dans le journal le Monde, ce sont plus de 800 professionnels de la culture, dont la comédienne Romane Bohringer ou le réalisateur Cédric Klapisch, qui signent une tribune "pour que la France des Lumières conserve un avenir".

"Votons contre l'extrême droite"

Les élections législatives, qui se tiendront le 30 juin et le 7 juillet, pourraient entraîner une large victoire du Rassemblement national, selon le sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche du 22 juin. Avec 36% des intentions de vote, le bloc d'extrême droite distance l'alliance de gauche du Nouveau Front populaire (27%), et la coalition présidentielle "Ensemble" (20%).

Concernant la lutte contre l'extrême droite, pas de trêve olympique pour les sportifs. "Votons contre l'extrême droite", ont appelé dans le journal l'Équipe dimanche 16 juin, Marie-José Pérec, championne d'athlétisme, ou Yannick Noah, chanteur et ex-tennisman.

Certaines voix rencontrent un fort écho, comme celle Marcus Thuram. Samedi 15 juin, il est le premier joueur de l'équipe de France à s'engager.

"Il faut se battre pour que le RN ne passe pas", déclare-t-il quelques jours après la large victoire du parti d'extrême droite aux élections européennes.

S'il n'est pas surprenant que les artistes, ou le monde du sport, s'engagent à la faveur d'une élection, d'autres corps de métiers, d'ordinaire plus silencieux, expriment leurs inquiétudes.

Des diplomates aux personnels de santé

Soumis au devoir de réserve, 170 diplomates et anciens diplomates prennent la plume, anonymement dans le Monde dimanche 23 juin.

Ils appellent à ne pas prendre le risque d'"affaiblir la France et l'Europe alors que la guerre est là". Victoire selon eux, qui serait lue par "nos adversaires [...] comme un affaiblissement français et une invitation à l'ingérence dans notre politique nationale".

Si "l'agent public doit faire preuve de discrétion professionnelle", comme le dispose le Code général de la fonction publique, le monde de la santé donne aussi de la voix. Ce samedi, dans une tribune à Médiapart, 3.600 soignants, opposés "aux desseins mortifères" du RN, appellent "à faire barrage aux partis d’extrême droite en votant pour les candidats rassemblés au sein du Nouveau Front Populaire".

Parmi les premiers signataires, on trouve Rony Brauman, l'ancien président de Médecins sans Frontières, ou Karine Lacombe, la cheffe du service des maladies infectieuses et tropicales à l’Hôpital Saint-Antoine (Paris).

Des "desseins mortifères" qui inquiètent aussi parmi les enseignants. Emmanuel Constant, plus de 30 années de "maison éducation nationale" au compteur, a pris la parole sur BFMTV dimanche 23 juin.

"Oui", il prendrait le risque de sanctions en désobéissant aux ordres donnés, en cas de victoire du Rassemblement national (RN), aux élections législatives. "Quand on est fonctionnaire d'État, il y a des choses plus grandes que l'obéissance à des ordres".

"Je suis avant tout un serviteur de la République", clame le vice-président socialiste du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis.

Article original publié sur BFMTV.com