Législatives : la démocratie à réinventer

Courrier international

D’abord il y a eu la stupeur : 89 députés élus pour le RN, une entrée en force de l’extrême droite à l’Assemblée nationale. “C’est le résultat le plus frappant de la soirée, estimait The Guardian, dimanche 19 juin dans la soirée, après l’annonce des résultats du second tour des élections législatives. Un record historique pour le parti d’extrême droite anti-immigration de Le Pen.”

Mais ce que la plupart des commentateurs étrangers ont surtout souligné, outre le score flatteur de la Nupes – un pari réussi pour la gauche, de l’avis quasi unanime de la presse internationale –, c’est l’échec d’Emmanuel Macron, deux mois après sa réélection, qui n’obtient pas la majorité absolue. Résultat : un Parlement morcelé, le risque de voir le pays devenir ingouvernable et une immense responsabilité à venir pour toute la classe politique.

Serait-ce un mal pour un bien ? Un choc finalement salutaire pour la démocratie française ? À certains égards, la presse étrangère fait entendre une voix légèrement différente, passé la surprise des résultats. C’est ce regard décalé que nous avons voulu mettre en avant en changeant au dernier moment notre une.

Certes, Emmanuel Macron a bien pris une claque, voire deux gifles (l’une à gauche, l’autre à l’extrême droite, suivant les analyses), et il en est le seul responsable, le pyromane en chef aux yeux de la plupart des commentateurs étrangers. “Le Rassemblement national a trouvé un allié inespéré dans le président de la République, qui s’est inquiété de l’avancée de la Nupes de Mélenchon, au point de rompre avec la tradition du ‘front républicain’, qui voudrait que l’on vote en faveur de tout candidat qui se trouve face à l’extrême droite”, écrit le Corriere della Sera.

Même constat pour Le Soir à Bruxelles : “Emmanuel Macron a joué avec le feu, il se retrouve avec un énorme incendie à l’Élysée. Le président français sort groggy de ces législatives qu’il a snobées, et… vice versa.”

“Moins de deux mois après sa réélection, le voilà sans majorité absolue, face à une Assemblée nationale qui a le mérite, au moins, de symboliser les énormes fractures du pays et avec une question fondamentale et angoissante : comment et avec qui gouverner la France ?”

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