Aux législatives, ces candidats de la NUPES qui pourraient poser problème

D'autres candidats attirent l'attention, et provoquent une avalanche de critiques. Pour l'heure, ils continuent de bénéficier du soutien du parti mélenchoniste.

POLITIQUE - Alors que la France insoumise semble avoir réussi le plus dur, embarquer une union de la gauche derrière Jean-Luc Mélenchon pour les élections législatives et, dans le même mouvement, créer une dynamique médiatique reléguant Marine Le Pen au deuxième plan, la formation mélenchoniste traverse ces jours-ci une zone de turbulence.

Pas de quoi, encore, faire crasher l’avion de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES), mais tout de même assez pour ternir le tableau. En cause, des investitures qui se retournent contre la France insoumise, à l’image de l’activiste controversé Taha Bouhafs, qui a dû renoncer face à la levée de boucliers que sa candidature a provoquée.

Une candidate épinglée pour fake news

Au-delà de cette figure médiatique, d’autres investitures sont largement commentées, et pour des raisons différentes, sur les réseaux sociaux. Parmi elles, Leïla Ivorra, investie candidate dans la 1ère circonscription du Val-d’Oise, un secteur où Jean-Luc Mélenchon a obtenu 24,9% le 10 avril. Son visage n’est pas inconnu des observateurs de la vie politique. Et pour cause.

Au printemps 2018, Leïla Ivorra fait partie de ceux qui relaient (comme Taha Bouhafs) la fake news, faisant état d’un blessé grave après une intervention policière musclée sur le site de Tolbiac en marge du blocage de la fac. Plus grave, elle affirme face caméra avoir elle-même avoir vu ce blessé imaginaire gisant dans “une flaque de sang énorme”. Or, l’étudiante admettra auprès de Libération avoir menti. Pas forcément l’idéal lorsque l’on sollicite la confiance des électeurs. Ce que les adversaires des Insoumis se font un plaisir de relayer.

De Dieudonné à la préfecture du Puy-en-Velay

Autre circonscription, autre candidate. Direction la Haute-Loire, où la France insoumise a investi Azelma Sigaux dans l’une des deux circonscriptions que compte ce département rural. Figure locale des gilets jaunes du côté du Puy-en-Velay, la militante antispéciste proche d’Aymeric Caron a attiré l’attention à plus d’un titre.

Le premier, c’est qu’elle est la fille de Jacky Sigaux, comparse de Dieudonné qui apparaissait en pyjama affublé de l’étoile jaune dans les spectacles du polémiste. Ce régisseur est d’ailleurs celui qui a remis, au nom de l’ex-humoriste, le “prix de l’infréquentabilité” sur scène à l’historien révisionniste Robert Faurisson.

Si personne n’est comptable des faits commis par ses parents, la façon dont elle relativisait dans un long texte la gravité des actes auxquels son père a pris part laisse une étrange impression. Dans ce même texte, elle justifiait sa propre intervention sur une chaîne YouTube tenue par un militant d’extrême droite comme une “opportunité” de s’exprimer auprès d’un public qui ne partage pas ses idées. Toujours dans ce billet, elle se félicitait de passer “régulièrement” sur le plateau de la chaîne RT, organe d’influence du Kremlin en France, fermée depuis la guerre en Ukraine.

Mais plus que ce profil atypique qui révèle les porosités qui peuvent exister entre différentes communautés de pensées, Azelma Sigaux a récemment été accusée par le préfet de Haute-Loire d’avoir tenu des “propos diffamatoires” concernant l’incendie de la préfecture du Puy-en-Velay provoqué par des gilets jaunes le 1er décembre 2018. Dans un live sur Twitch, la candidate met effectivement en cause les forces de l’ordre dans cet épisode.

“Je dis que la violence physique et sociale est pire que la violence envers un monument, aussi condamnable soit-elle”, s’est-elle expliquée sur Twitter après la réaction du Préfet. Pour rappel, 18 gendarmes et policiers avaient été blessés et le président Emmanuel Macron s’était rendu sur place trois jours après pour apporter son soutien au personnel, avant d’être chahuté à sa sortie par des manifestants.

“J’ai dealé”

Dans un tout autre style, c’est le jeune militant Louis Boyard, investi candidat dans la 3e circonscription du Val-de-Marne, qui fait aussi face à une vague de critiques. En cause, l’un de ses (nombreux) passages télé. En septembre 2021, sur le plateau de TPMP, l’ex-président de l’Union Nationale des Lycéens (l’un des deux principaux syndicats de lycéens) avoue avoir ponctuellement vendu de la drogue pour payer ses études.

“Je vais pas te mentir, j’ai dealé. Si, je vous jure. Je vais pas rentrer dans les détails mais moi à un moment, j’étais en galère, on m’a proposé le bail, j’ai fait. J’connaissais un mec, il avait du gros, il m’a fait passer, voilà”, expliquait-il face à Cyril Hanouna, précisant qu’il était “en galère” à cette époque. Galère ou non, cette sortie exhumée sur les réseaux fait hurler ses (nombreux) détracteurs, y compris de gauche.

Sur Twitter, François Kalfon, membre du bureau national du PS, a directement interpellé l’insoumis Manuel Bompard, négociateur en chef de la NUPES. “Comment peut-on sérieusement présenter comme candidat à la députation un jeune homme qui se vante d’avoir dealé de la drogue ? Quelle image lamentable! Dites moi vite que l’investiture lui sera retirée !”, a-t-il tweeté, alors que plusieurs cadres et élus RN et Reconquête! partagent également cette séquence.

Pour l’heure, rien n’indique que ces différentes candidatures seront revues d’ici le 20 mai, date limite du dépôt des candidatures. Au contraire, les trois semblent avoir le soutien infaillible de la direction du parti. Contacté par Le HuffPost au sujet de ces trois profils controversés, Alexis Corbière, député de Seine-Saint-Denis et porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, s’est montré catégorique: “je les soutiens tous”.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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