Législatives : qui sont ces candidats qui ont eu zéro voix au premier tour?

Illustration d'un bureau de vote. - BFMTV
Illustration d'un bureau de vote. - BFMTV

Au premier tour des élections législatives, une cinquantaine de candidats n'ont obtenu aucune voix, pas même la leur.

Candidatures fantôme, drame personnel, bidouilles politiques... Au premier tour des législatives, quarante-huit candidats n'ont remporté aucune voix dans la circonscription dans laquelle leur candidature a été validée.

C'est à Paris qu'ils sont les plus nombreux: six candidats n'ont remporté aucun suffrage, cinq candidats divers gauche et un écologiste, dissidents à l'union de la gauche et non investis par la Nupes. La Haute-Garonne et les Bouches-du-Rhône engrangent chacun cinq prétendants sans voix. Quasiment tous inscrits divers gauche également.

La grande majorité n'ont pas déposé leur profession de foi ni leurs bulletins de vote leur permettant de se faire connaître auprès des électeurs. Mais tous ne sont pas des candidatures fantoches.

À Toulon, un drame familial

Dans la 5e du Var, la candidate divers droites Anne des Accords ferme la liste des résultats du premier tour dans sa circonscription avec 0% de suffrage obtenu des 101.635 électeurs Est-Varois. Pas une seule voix, ni même la sienne n'a été déposée dans l'urne et pour cause: la mère de famille n'a pas fait du tout campagne.

Derrière ce résultat, pas de manque de volonté politique, mais un douloureux évènement, selon nos informations. Après avoir déposé sa candidature, cette femme à la présence très discrète sur les réseaux sociaux et peu identifiée perd son fils de 20 à la suite d'une longue maladie. Et met de côté les élections.

Un anti-système à Perpignan

Pas une voix pour Loïc Barbarin sur les 33.195 bulletins déposés dans les urnes de la 1e circonscription des Pyrénées-Orientales.

"Être humain, manifestant pour la paix et les droits individuels, je vais vous surprendre: si je me porte candidat aux élections législatives de 2022, ce n’est pas pour glaner vos voix !!!", peut-on lire sur la profession de foi de ce candidat, deux feuille word A4 dactylographiées et déposées le 18 mai.

Membre revendiqué du collectif "Gouvernance Partagée France", l'homme de 46 ans a profité du scrutin pour s'offrir une tribune fustigeant le système politique actuel "dévoyé de son but et de sa fonction" et "qui n’a rien de républicain puisqu’il nie l’intérêt général".

Dénonçant les "manipulations politiques" et "les limites" de la technologie, ce candidat atypique appelle à rejoindre dans son projet de "sociocratie" et de militer pour des "élections sans candidat ou des élections par tirage au sort".

Imbroglio dans le Morbihan

Notaire installé depuis 20 ans dans la petite commune de Plouay, Olivier Huguet a lui non plus remporté zéro suffrage. Politisé, Maître Huguet l'est. Fervent défenseur de la droite centriste, "solidaire envers les plus faibles mais contre l'assistanat" comme il le précise à BFMTV.com, il a choisi de se présenter après avoir constaté l'absence de candidat UDI dans la 6e circonscription face à Ensemble. Finalement l'UDI investira quelques jours plus tard une candidate fantôme, Kahina Naït-Kaci.

En campagne sur un marché, Olivier Huguet tombe nez-à-nez avec son opposant LR, Guillaume Kiefer, investi après lui et dont il ignorait la candidature. Après plusieurs cafés et rencontres, les deux hommes se lient d'amitié et le morbihanais finit par se retirer au dernier moment au profit du Républicain, pourtant mal ancré dans la région. C'était "pour éviter la multiplication des candidats" et "un nouvau duel démocrate-extrême au second tour", explique l'ex-candidat. Au dernier moment, il a choisi de ne déposer ni bulletin de vote ni profession de foi à son nom.

"C'est lui qui aurait dû y aller", regrette auprès de BFMTV.com Guillaume Kiefer qui n'a convaincu que 3,6% des électeurs. "J'ai hérité de cette circonscription, j'ai accepté téméraire", raconte cet encarté en 2021, "mais si j'avais su avant qu'il se présentait, je lui aurais laissé ma place (...) mais une fois les frais de campagne engagés, je n'ai pas pu faire marche arrière".

Les deux hommes comptent prolonger leur rencontre au-delà des législatives en créant une plateforme citoyenne pour faire remonter mensuellement des problématiques locales sur des thèmes nationaux. "Il est temps de revenir à des législatives décorrélées de la présidentielle, qui ne soient plus tournées vers le remboursement des partis et qui jouent un vrai rôle de contre-pouvoir", estime le candidat-notaire démissionnaire.

Article original publié sur BFMTV.com

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