Législatives: un candidat de la Meuse demande aux électeurs de sa circonscription de ne pas voter pour lui

Jean-Luc Duret, candidat LaREM de la 5e circonscription de la Meuse, demande aux électeurs de ne pas voter pour lui aux législatives de 2022 - Jean-Luc Duret @DuretJluc
Jean-Luc Duret, candidat LaREM de la 5e circonscription de la Meuse, demande aux électeurs de ne pas voter pour lui aux législatives de 2022 - Jean-Luc Duret @DuretJluc

"Ne votez pas pour moi!" Le slogan, insolite, est pourtant bien celui utilisé par un candidat LaREM aux législatives dans la 5e circonscription de la Meuse. Pas d'erreur, ni de plaisanterie, Jean-Luc Duret, consultant agricole, demande bien aux électeurs de ne pas lui accorder de voix et assure qu'il aurait retiré sa candidature s'il avait pu. Une situation ubuesque née d'une incompréhension au sein de son parti.

"Je vous demande de ne pas voter pour moi, devenu candidat uniquement 'administratif'. Je vous l’accorde, c’est un peu compliqué!", reconnaît avec humour le candidat malgré lui dans une publication sur les réseaux sociaux.

Assurant que les bonnes "conditions" pour sa candidature n'étaient "pas réunies", un problème de "délais administratifs" et une nécessité de "ne pas diviser les voix démocrates", Jean-Luc Duret explique qu'il ne fournira aucun élément de propagande électorale à son nom.

Un premier candidat déclaré inéligible

Pour comprendre l'origine de l'imbroglio, petit retour en arrière. Jean-Luc Duret, responsable LaREM depuis 2018, raconte sur sa page Facebook, s'être considéré, après quelques années à militer dans la Meuse, comme le "candidat naturel" dans une "circonscription qu'(il) connaî(t) bien".

Pourtant, à grand dam, LaREM lui préfère un autre candidat, Patrick François, investi à sa place. Une candidature de courte durée car ce dernier s'avère être l'ancien directeur Grand-Est de la Caisse des dépôts. Ainsi, il est rapidement déclaré inéligible par la préfecture. La décision, liée à ses anciennes responsabilités, est ensuite confirmée par le tribunal administratif.

Face à cette situation inhabituelle, et après l'annonce du retrait de la députée sortante Emilie Cariou, dissidente LaREM, Jean-Luc Duret dépose donc sa candidature en urgence, afin de garantir un candidat pour son parti.

"J’ai appris ça le vendredi 20 mai à 16 heures, soit deux heures avant la fin du dépôt des candidatures. On m’a donc conseillé de déposer la mienne", assure le candidat pour 20 Minutes.

Deux candidats pour la majorité

Sûr de sa bonne foi, le consultant agricole va pourtant ensuite tomber de haut. Sans l'informer, la majorité avait en effet poussé en faveur de la candidature d'Anne Bois, suppléante de Patrick François, qui postule en dernière minute. Résultat, la majorité compte deux candidats.

"La date et l’heure limite étant dépassée, plus de possibilité de retirer administrativement ma candidature, mais, (...) pas question pour moi de participer à la division des voix", assure Jean-Luc Duret, qui, bien qu'agacé par la situation, milite toujours pour la victoire de la majorité.

"Pour l’avenir, je crois plus que jamais aux réformes nécessaires et à la capacité de la majorité réunie autour d’Emmanuel Macron pour les conduire", continue-t-il de défendre.

"Sera-ce avec moi ou sans moi? Je ne sais pas encore, car je ne sais pas encore si la politique qui se dit nouvelle saura et pourra se défaire de toutes les manigances d’arrière-cour que j’espérais révolues", déplore-t-il cependant, visiblement émoussé par cette affaire.

Article original publié sur BFMTV.com

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