Législatives au Mexique : le parti présidentiel, en recul, perd la majorité absolue

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Le parti au pouvoir au Mexique a perdu la majorité absolue et la majorité qualifiée avec ses alliés à la Chambre des députés lors des élections à mi-mandat, dimanche, selon une première estimation officielle.

Le parti d'Andres Manuel Lopez Obrador est sorti affaibli, dimanche 6 juin, des élections législatives au Mexique qui avaient pris la forme d'un test à mi-mandat pour le président mexicain de gauche, selon une première estimation officielle.

Le parti Morena du président a ainsi perdu la majorité absolue et la majorité qualifiée avec ses alliés à la Chambre des députés, selon les premières fourchettes données par l'Institut national électoral (INE).

Selon l'INE, la formation du président disposera d'entre 190 et 203 des 500 sièges, perdant la majorité absolue (la moitié plus un) à lui seul et la majorité qualifiée (deux tiers des sièges) dont il jouissait avec ses trois partis alliés. Cette majorité qualifiée est nécessaire pour faire passer les réformes constitutionnelles que préconise le président de gauche.

Par ailleurs, le Parti d'action nationale (PAN), le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) et le Parti de la révolution démocratique, qui se sont présentés en coalition, totaliseront entre 181 et 213 sièges, selon l'INE. Ils totalisent actuellement 139 députés.

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"Les résultats définitifs émergeront des dépouillements qui débuteront mercredi prochain", a déclaré le président de l'INE, Lorenzo Córdova, lors d'une allocution à la presse.

Une journée d'élections marquée par des meurtres

Cette élection avait été marquée par le meurtre de cinq responsables d'un bureau de vote, la veille du scrutin, lorsque des hommes armés ont tendu une embuscade à un groupe de personnes qui transportaient du matériel électoral dans une camionnette, dans une localité de l'État du Chiapas, dans le sud du pays, selon le bureau du procureur général.

La découverte de deux têtes humaines dans deux bureaux de vote à Tijuana, une ville frontalière avec les États-Unis, a alourdi ce climat déjà pesant.

Et dimanche soir après le vote, quatre autres personnes ont été tuées par balle lors d’une rixe entre deux camps politiques qui se disputent une municipalité dans le Chiapas, ont annoncé lundi les autorités.

Ces attaques ont alourdi le bilan d'une campagne qui a vu au moins 90 politiciens tués depuis septembre, dont 36 candidats ou pré-candidats, selon Etellekt, une société de conseil.

Climat de grande violence

Les derniers bureaux de vote avaient fermé à 20 h heure locale (1 h GMT) après 10 heures de scrutin pour renouveler la Chambre des députés, quelque 20 000 postes régionaux et 15 des 32 gouvernorats.

Quelque 95 millions de Mexicains avaient été conviés à ce scrutin aux allures de référendum pour "AMLO", l'acronyme du président de gauche élu pour 6 ans en 2018.

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Dans ce climat de grande violence, la secrétaire à la sécurité publique, Rosa Icela Rodriguez, a affirmé que des zones de violence avaient été identifiées pendant la journée électorale.

À Guerrero, l'un des États les plus violents du pays, des membres de la police civile communautaire ont patrouillé toute la journée.

"Les membres du crime organisé viennent pour diviser les gens, ils ne les laissent pas voter librement", a averti Isaías Posotema, un des responsables de cette police à Chilapa, une zone gangrenée par les gangs.

L'INE a indiqué qu'en raison de troubles de l'ordre public, 20 bureaux de vote sur un total de 162 000 n'ont pu être installés.

Pas de vote sanction malgré les chiffres du Covid-19

"L'enjeu n'est ni plus ni moins que l'avenir du Mexique", estime Pamela Star, professeur à l'Université Southern California en soulignant que "les électeurs vont devoir choisir entre deux visions d'avenir pour le Mexique : celle des réformes d'AMLO ou un retour à une politique plus ancienne".

Bien que le Mexique soit l'un des pays les plus durement touchés par le Covid-19, la perspective d'un vote sanction semble s'éloigner avec le recul des indicateurs de la crise sanitaire, selon plusieurs sondages.

"Ils n'ont jamais eu de plan, et ils n'en ont toujours pas", s'indigne Claudia Cervantes, 49 ans, qui travaille dans un hôpital public et vient de voter à Anahuac, un quartier populaire de Mexico.

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Jorge Hernandez, un serveur de 52 ans, constate à l'inverse que "les gouvernements précédents n'ont pas été confrontés à une pandémie. Tout le monde voit les mauvaises choses et ignore les bonnes".

De fait, AMLO maintenait jusque là une cote de popularité de plus de 60 % et devrait conserver une majorité confortable.

Le Mexique, pays de 126 millions d'habitants, comptabilise près de 229 000 décès consécutifs au Covid-19. Le taux de mortalité est le quatrième au monde en chiffres absolus et le 19e pour 100 000 habitants.

L'économie mexicaine, la deuxième d'Amérique latine, s'est contractée de 8,5 % en 2020 dans un contexte de contrôle strict des dépenses par le gouvernement, qui, avec la banque centrale autonome, prévoit un rebond de 6 à 7 % cette année.

Avec AFP

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