Législatives au Bénin : le président Patrice Talon joue enfin l’ouverture et autorise les partis d’opposition

© Anton Novoderezhkin/TASS/SIPA

C’est une mince ouverture mais une ouverture tout de même. Après des années d’abstinence forcée, l’opposition béninoise va faire son retour à ­l’Assemblée après les législatives qui se déroulent ce dimanche. Lors du scrutin de 2019, qui avait été émaillé de violences, elle avait été de facto exclue du jeu tant les conditions fixées par le gouvernement pour se présenter avaient été drastiques. Le Parlement sortant est ainsi composé de deux formations favorables au tout-puissant président Patrice Talon.

Deux adversaires emprisonnés

Le Bénin n’est pourtant pas en passe de redevenir un modèle de démocratie en Afrique de l’Ouest. Depuis son arrivée au pouvoir en 2016, Patrice Talon, réélu il y a deux ans, est le seul maître à bord. Ses deux principaux adversaires, l’ancienne garde des Sceaux Reckya ­Madougou et le constitutionnaliste Joël Aïvo, restent toujours emprisonnés. Quant au système proportionnel qui entre en vigueur ce dimanche, il ne devrait pas bouleverser les équilibres actuels.

La campagne électorale a permis toutefois de revenir sur la politique menée depuis plus de six ans par le chef de l’État de 64 ans, autrefois richissime homme d’affaires, et notamment la modernisation à marche forcée du pays. Les résultats du scrutin pourraient aussi faire le tri entre ses potentiels successeurs. Patrice Talon, qui a fait inscrire dans la Constitution la limitation des mandats présidentiels à deux, devra en effet céder sa place en 2026.


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