Législatives 2024 : Quatennens renonce à être candidat pour ne pas pénaliser La France insoumise

POLITIQUE - « Toute l’énergie doit être utilisée pour battre l’extrême droite. » À quelques heures du dépôt des candidatures, Adrien Quatennens a annoncé ce dimanche 16 juin qu’il renonçait à se présenter aux élections législatives anticipées. Le député LFI sortant, condamné pour violences conjugales, a annoncé sa décision lors d’une conférence de presse dans son département du Nord.

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La pression n’a cessé de monter sur l’insoumis, ancien coordinateur national du mouvement, et la machine mélenchoniste qui avait fait le choix, dans un premier temps, de réinvestir son poulain dans le cadre de l’accord du nouveau Front populaire.

« J’ai la conviction intime que ma situation n’est un prétexte utilisé pour faire de la politique. J’aurais préféré que l’on m’affronte loyalement, avec des bulletins de vote », a-t-il d’abord expliqué, en revenant sur l’affaire qui a secoué la gauche il y a deux ans. Et d’ajouter, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article : « Je n’entends pas plus longtemps que ma candidature soit utilisée contre LFI et le nouveau Front populaire pour leur nuire dans un moment où toute l’énergie doit être utilisée pour battre l’extrême droite. »

Une « peine d’inéligibilité que la justice n’a pourtant pas décidée »

Selon ce proche de Jean-Luc Mélenchon, cette décision « va décevoir beaucoup de monde, mais elle va en soulager encore davantage. » « Du fond du cœur, je veux remercier toutes les militantes et les militants », a-t-il lancé, non sans cacher son émotion au moment d’évoquer le patriarche de son camp, grâce à qui il s’est « engagé en politique », ni son amertume contre ceux qui ont appelé à son retrait.

« Lorsque mon affaire a éclaté, celles et ceux qui contestent aujourd’hui la décision de la France insoumise de m’investir, prônaient l’idée géniale que je démissionne pour me représenter et que les électeurs puissent trancher. C’est ce que la dissolution permettait », a-t-il par exemple assuré, avant d’ajouter : « Mais il semble que cette idée soit passée de mode et qu’il soit désormais préférable de faire pression pour m’empêcher de participer à un scrutin dans une sorte de peine d’inéligibilité que la justice n’a pourtant pas décidée. »

La veille encore, Jean-Luc Mélenchon lui affirmait son soutien dans un entretien à 20 Minutes. « Adrien a été jugé et il s’est acquitté de sa peine. Il a été puni dans le groupe et le mouvement. À présent d’aucuns y ajoutent une peine d’inéligibilité sous la menace de faire perdre tout le monde », expliquait le fondateur du mouvement, « consterné », tout en justifiant l’éviction des frondeurs Alexis Corbière ou Danielle Simonnet.

LFI investit Aurélien Le Coq

Dans ce contexte – et face aux réprobations des autres partenaires de la gauche –, Amy Bah, du collectif féministe Nous Toutes, avait annoncé samedi sa candidature dans la circonscription, au nom des « valeurs » du nouveau Front populaire, mais sans investiture officielle.

Elle expliquait avoir demandé sans succès à être investie par le mouvement à la place de d’Adrien Quatennens, et expliquait se présenter « en conscience et en responsabilité, après avoir reçu de nombreux soutiens », dans une circonscription « à gauche depuis 30 ans » et qui « comporte dès lors, un risque faible de l’extrême droite ».

Saluant la décision du député sortant, « prise en accord avec la direction du parti », La France insoumise a annoncé dans un communiqué dimanche, « investir Aurélien Le Coq, co-animateur national des Jeunes insoumis, et Lahouaria Addouche, travailleuse sociale » au nom du nouveau Front populaire et demander « le retrait de toute candidature dissidente. »

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