Législatives 2024 : Emmanuel Macron suspend la réforme controversée visant la Nouvelle-Calédonie

À l’occasion de sa conférence de presse de ce mercredi 12 juin, Emmanuel Macron a annoncé avoir suspendu la réforme constitutionnelle concernant la Nouvelle-Calédonie.
À l’occasion de sa conférence de presse de ce mercredi 12 juin, Emmanuel Macron a annoncé avoir suspendu la réforme constitutionnelle concernant la Nouvelle-Calédonie.

POLITIQUE - « Dans la période, on ne peut pas laisser d’ambiguïté. » Alors que la France vit, depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, une campagne express pour les législatives des 30 juin et 7 juillet prochains, Emmanuel Macron donnait une conférence de presse ce mercredi 12 juin. Un grand raout devant servir à définitivement lancer les troupes du camp présidentiel au cours duquel le chef de l’État a officialisé la suspension d’un dossier qui a largement agité les dernières semaines.

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« Le projet de loi constitutionnelle, qui a été voté dans les mêmes termes par les deux chambres du Parlement, pour la Nouvelle-Calédonie, j’ai décidé de le suspendre », a ainsi déclaré le président de la République alors qu’il était interrogé par les journalistes sur les différentes réformes mises en pause et les chantiers qu’il venait d’ouvrir durant son propos liminaire.

« Ce projet, il faut le suspendre pour donner toute sa force au dialogue sur place et au retour à l’ordre », a justifié Emmanuel Macron, sans s’étendre davantage sur le sujet.

Un projet largement contesté sur place

Au lendemain de la dissolution de l’Assemblée, décidée par le chef de l’État au sortir des élections européennes de dimanche, le rapporteur du projet de loi à l’Assemblée, le macroniste Nicolas Metzdorf avait dit continuer de croire à une adoption possible malgré la nouvelle donne politique. « Le texte reste dans le circuit. On verra si le président ou la nouvelle majorité voudront passer le texte au Congrès », indiquait-il sur Nouvelle-Calédonie La 1ère.

Pour rappel, la réforme constitutionnelle voulue par Emmanuel Macron vise à dégeler le corps électoral en Nouvelle-Calédonie, à savoir qu’elle permettrait d’élargir le nombre des citoyens autorisés à se prononcer lors des scrutins locaux en incluant quelque 25 000 électeurs, natifs ou résidents depuis 10 ans. Une mesure que de nombreux Kanaks fustigent, craignant d’être encore un peu plus marginalisés.

Cette réforme, dont Emmanuel Macron a longtemps affirmé qu’il comptait la voir entrer en application au début de l’été en l’absence de nouveau consensus sur place, a provoqué de graves violences. Selon le dernier bilan en date, neuf personnes ont été tuées dans des affrontements et accidents, alors que des dégâts importants ont été causés à l’économie locale.

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