Législatives 2024 : Éric Ciotti exclu des Républicains par les ténors du parti après son accord avec le RN

Ciotti exclut « à l’unanimité » des LR par les ténors du parti après son accord avec le RN Éric Ciotti photographié dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale le 7 décembre (illustration).
LUDOVIC MARIN / AFP Ciotti exclut « à l’unanimité » des LR par les ténors du parti après son accord avec le RN Éric Ciotti photographié dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale le 7 décembre (illustration).

POLITIQUE - Président exfiltré. Les ténors des Républicains ont décidé d’exclure Éric Ciotti du parti ce mercredi 12 juin, après son accord (très contesté) avec le Rassemblement national pour les élections législatives anticipées.

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La décision a été prise à l’unanimité des poids lourds réunis en « bureau politique exceptionnel » cet après-midi. Étaient notamment présents le président du Sénat Gérard Larcher, le chef des sénateurs LR Bruno Retailleau ou les présidents de régions Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse. Par conséquent, ils décident que le député sortant des Alpes-Maritimes n’est plus le président des Républicains.

Le candidat LR aux européennes François-Xavier Bellamy va assurer un intérim à la tête du parti, avec Annie Genevard, l’actuelle secrétaire générale du mouvement (et députée sortante du Doubs), comme elle l’a annoncé lors d’un rapide point presse.

Ciotti fait de la résistance

« On traverse une crise politique lourde, quand on fait de la politique, on ne répond pas avec des accords en catimini pour négocier des circonscriptions », a lancé Laurent Wauquiez dans la foulée, ajoutant : « on essaie de convaincre, on le fait dans la clarté avec une colonne vertébrale. »

Pas de quoi ébranler Éric Ciotti. En réponse, le président déchu a publié un communiqué pour fustiger une « réunion mise en œuvre en violation flagrante » des statuts du parti. « Aucune des décisions prises à cette réunion n’emporte de conséquence légale. Elle peut avoir des conséquences pénales », ajoute-t-il. Et d’ajouter : « Je suis et reste le président de notre formation politique, élu par les adhérents. »

« Les Républicains présenteront des candidats aux Français dans la clarté et l’indépendance » pour les élections législatives, avait de son côté assuré Annie Genevard à l’issue de la réunion des ténors LR, alors que la Commission nationale d’investiture a été « reconduite dans sa forme actuelle. »

« Nous avons une ligne à tenir. Nous sommes capables de rassembler des électeurs et nous sommes capables demain, à l’Assemblée nationale, de servir de rempart face (aux) dérives qui menacent aujourd’hui la France », avait pour sa part lancé François-Xavier Bellamy.

Vingt-quatre heures après qu’Eric Ciotti a prôné une « alliance » avec le Rassemblement national, la crise apparaît plus que jamais aiguë chez LR, alors que le président exclu avait d’abord fait fermer les portes du siège parisien du parti, contraignant le bureau politique à se réunir dans un local loué à proximité.

Quelques minutes après la fin de la réunion, une petite délégation d’élus menés par Annie Genevard a repris possession du siège du parti.

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